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La collection d'un passioné de couteaux

Vendredi 28 août 2009

Je vous propose une revue des couteaux de ma collection dont le manche est constitué d'une tôle repliée.
Le couteau de ce type qui vient immédiatement à l'esprit d'un  français amateur de couteaux est de fameux Douk Douk de Cognet.
Il existe cependant bien d'autres couteaux de ce type et nous découvrirons que la version la plus ancienne que je connaisse est allemand.
Nous commencerons notre rubrique par cet ancêtre.

1) LE MERCATOR ALLEMAND



Ce couteau aurait été créé en 1867 par la société Heinrich Kaufmann & Söhne à Solingen. Sa fabrication est reprise depuis 1995 par la société Otter Messer de Rainer Morsbach, toujours à Solingen.
Par définition, pour figurer dans cet article, le manche de ce couteau est une tôle repliée. Elle est laquée en noir.
Ce couteau comporte un système de blocage de la lame selon le principe de la pompe avant. Le point d'appui sur le levier de déblocage apparait en général dans une echancrure du dos du manche. Ici, pour simplifier la fabrication du manche, il été pris le parti de faire émerger franchement la queue de ce levier.
Ce couteau comporte en fait six piéces: manche, lame, ressort, levier, butée en plastique recevant la pointe de lame en position fermé et une béliére. Il faut quatre rivets pour assembler l'ensemble des piéces.
La lame est en acier carbone C75. Il existe toutefois des versions avec lame en acier inox.


La version présentée ci dessus est la version Mercator Katze, dont le manche est décoré d'une silhouette de chat estampée dans la tôle et rehaussée de peinture dorée. Elle est complétée par le symbole K55K (le dernier K étant en fait imprimé à l'envers, symétriquement au premier).
Je n'ai pas trouvé l'origine de ce symbole.


2) L'HIGONOKAMI JAPONAIS



Il s'agit d'un couteau d'aspect très simple, voire rustique. Il comporte deux piéces (lame et manche) assemblées par le rivet de l'axe de la lame. Ce rivet en acier porte sur deux rondelles de laiton.
Le manche est constitué d'une tôle de laiton repliée.Ce couteau ne comporte aucun système de blocage (système un clou à friction) et, vu de chez nous, il s'agirait d'un piémontais, La lame est maintenue en position ouverte par un appui du pouce sur la lentille (extrémité recourbée de la lame coté axe).


Cette lentille sert par ailleurs à ouvrir le couteau. En effet, couteau fermé, la lame est innaccessible et ne peut se manipuler que par la lentille. La friction assez forte entre lame et manche assure le maintien de la lame en place couteau fermé.

L'aspect rustique du couteau pourrait faire oublier que les artisans japonnais sont de remarquables forgerons.
La lame de ces couteaux est en effet constituée d'un sandwich de deux aciers (sanmai) un acier dur, assurant la coupe, étant enserré par deux flancs en acier plus doux qui assurent la solidité de la lame.

Historiquement, ce couteau serait apparu en 1896, quand les forgerons japonais se sont vu interdire la fabrication des fameux sabres. Le nom Higonokami (Seigneur de Higo) aurait été déposé par une confrérie de forgerons de Miki en 1907. A ce jour il ne reste qu'un artisan faisant partie de cette confrérie: il s'agit de Motosuke Nagao qui est le fabricant du couteau présenté ici. Seuls ses couteaux ont droit à l'appellation Higonokami.
Il existe cependant d'autres fabricants qui élaborent des couteaux de ce type qui portent souvent un nom parodiant Higonokami.

Pour en revenir au couteau présenté, le poinçon sur la lame indique sa constitution et la qualité des aciers employés.
Les idéogrammes estampés sur le manche en laiton indiquent le nom et titre de l'artisan qui a réalisé ce couteau.
Une réplique courante porte sur le manche une représentation du célèbre samourai Musashi.


3) LE DOUK DOUK



Ce couteau bien connu a été créé par COGNET en 1929, donc très postérieurement aux deux premiers examinés.
Il s'agit d'un couteau doté d'un système de cran plat, de construction plus simple que le Mercator, mais plus complexe que l'higonokami.
Ce couteau comporte quatre piéces: manche, lame, ressort et béliére. Il est assemblé par quatre rivets.
A l'origine la lame etait en acier carbone, de même type que celui du Mercator. Le modéle présenté ci dessus est en acier inox 440.



Le motif du Douk Douk, estampé sur la tôle noircie du manche, correspond à un esprit de la forêt dans la culture mélanésienne. Ce motif avait été trouvé par Cognet dans le Petit Larousse!
La lame reçoit une décoration gravée à l'eau forte.

4) COUTEAU DU RAJASTAN



 Ce couteau trouvé sur un marché du Rajastan est un pur produit d'une petite industrie indienne.
Ce couteau de fabrication très rustique est en fait de structure assez complexe:


La lame coulisse dans le manche qui est constitué de quatre éléments de laiton replié, articulés.
Ce couteau comporte six piéces: lame, quatre éléments constituant le manche, une coulisse en bronze moulé, un étrier de blocage du manche, également en bronze moulé.
Ces éléments sont assemblés par sept rivets.
La lame est en acier carbone de qualité non précisée, mais assurement très médiocre!


Voici une vue du couteau fermé.
Il s'agit donc bien d'un couteau fermant, à manche en tôle repliée, de conception astucieuse mais de fabrication très médiocre.

5) COUTEAUX MODERNES SUR LE MEME PRINCIPE

5-1) "Higonokami" d'Alexandre Federbe


 
Cet artisan français, très marqué par le Japon, produit des couteaux de type higonokami, qui ne peuvent cependant revendiquer ouvertement ce nom.
Le principe est le même, le couteau ne comportant que deux piéces: lame et manche.
La lame n'est cependant pas un sandwich sanmai mais une lame en acier carbone XC75. Cette lame a reçu un revêtement partiel en cuivre et une patine noire.

Le manche en cuivre a reçu un habillage en galuchat blanc du plus bel effet.
Les simples rondelles sur l'axe de la lame ont été remplacés par des rosaces.


5-2) Douk Douk Damas de J.P. Veysseyrre



Il s'agit du résultat d'une colaboration entre J.P. Veysseyre et Pierre Cognet.
J.P. Veysseyrre à forgé le damas et entiérement fabriqué la lame en damas à tranchant rapporté.
C'est Pierre Cognet qui à plié la tole du manche et de la béliére et qui a fait l'assemblage final.
Ce couteau ne peut recevoir l'estampage du Douk Douk sur le manche, ni le décor floral sur la lame.
Il s'agit cependant d'un authentique Douk Douk!



5-3) Le D6 d'Alain Descy



Il s'agit d'un couteau moderne issu de l'imagination féconde d'Alain Descy.
Le manche est bien entendu une tôle repliée qui est ici habillée de plaquettes en palissandre.
La grande particuliarité de ce couteau réside dans le système de blocage de la lame qui se fait par le curseur visible sur le dessus du manche. Ce curseur coulisse le long du manche, poussé vers l'avant par un ressort. Le déblocage du couteau se fait en tirant le curseur vers l'arriére.
La lame de ce couteau est en acier semi inoxydable D2.

5-4) Le tri folder de Pietro Beretta

 

Il s'agit d'un couteau dont le manche en tôle pliée est composé de deux éléments:



La lame se replie à l'intérieur de la coquille formée par les deux éléments du manche.
Noter sur ce couteau que le fil de la lame est à l'intérieur du triangle. Quand le couteau est ouvert la lame se bloque en toute sécurité sur la traverse basse.
Fred Perin a pour sa part conçu un couteau de même type mais dont le fil est à l'extérieur du triangle. Ceci correspond à la possibilité de "flipper" ce couteau comme un balisong, mais présente une moindre sécurité vis à vis de la stabilité de la lame qui risque de se refermer si le manche n'est pas tenu fermement pendant la coupe.

5-5) Le Zig de Mickael Moing



Il s'agit encore d'un couteau dont le manche est constitué d'une tôle. Il est ici habillé de plaquettes de fer et décoré de divers clous en cuivre, laiton et maillechort.
La particularité de ce couteau à système cran forcé est que le ressort est en fait constitué par une découpe dans le repli de la tôle constituant le repli.



Cette vue rapprochée montre bien le ressort découpé prés du repli de la tôle.


6) CONCLUSION

Je vous ai présenté une série de couteaux d'origines très variées aussi bien dans le temps que dans l'espace.
Le seul point commun de ces couteaux est que dans tous les cas le manche est constitué d'éléments de tôle repliés.
Les mécanismes vont du plus simple (higonokami, système piémontais à un clou) au plus sophistiqué (D6 d'Alain Descy qui présente un système de blocage par curseur).



L'IMAGINATION DES COUTELIERS, SOUS TOUTES LES LATITUDES, EST TOUJOURS DEBORDANTE!
C'EST POUR CELA QUE L'ON DEVIENT COLLECTIONNEUR DE COUTEAUX!



Par Lancelot - Publié dans : Divers
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Vendredi 5 juin 2009

Comme tous les ans, c'est dans la capitale de la coutellerie que l'on rencontre les meilleurs artisans et des hordes d'amateurs assoifés de ferailles diverses!

C'est tout d'abord l'occasion de récupérer auprés d'autres forumeurs des couteaux qui font l'objet d'échanges ou de reventes.
C'est ainsi que j'ai pu acquérir un couteau issu de la colaboration entre un forgeron bien connu J.P. Veysseyre et un industriel P. Cognet:

Tout le monde aura bien entendu reconnu le fameux Douk Douk, fabriqué par la maison Cognet depuis 1927.
Petit détail quand même, qui distingue le couteau ci dessus du célèbre couteau de brousse: celui ci est entiérement en damas!
Le damas acier-nickel a été forgé par J.P. Veysseyre qui a également entiérement réalisé et signé la lame, la mise en forme de la tole constituant le manche et la béliére et l'assemblage final étant réalisés par Pierre Cognet.
C'est Jean Pierre Veysseyre, présent sur le salon comme tous les ans, qui m'a donné ces explications.

A titre de comparaison, voilà le douk douk des villes en compagnie de son aieul, le douk douk de brousse.
La géométrie des deux couteaux est rigoureusement la même. Le douk douk damas ne porte bien entendu pas le marquage classique de l'original qui aurait été difficile à réaliser et disgracieux sur le damas.

Venons en à mes acquisitions directes sur le salon:

1) Les artisans

1-1) Alexandre Federbe
Cet artisan est spécialisé dans les couteaux japonisants. Je ne lui avais jamais rien acheté, le tort est désormais réparé avec ce superbe higonokami:

Le manche de couteau est comme celui du douk douk formé d'une tole repliée, mais c'est vraiment le seul point de convergence. En effet ce couteau est de type piémontais (lame sans blocage avec une lentille sur le talon de la lame) alors que le douk douk est un système à cran plat, un ressort étant monté dans le pli de la tole formant le manche.
Ici le manche est en cuivre habillé d'un beau galuchat blanc qui assure une prise sans risque de glissement!
La lame forgée en acier français est revétue de cuivre lié à l'acier par une fusion du cuivre.

Cette photo montre bien l'état de surface du galuchat, une vraie rape! Admirer aussi le travail décoratif sur la rondelle.
On voit aussi la lentille qui permet l'ouverture du couteau et le maintien de celui ci ouvert par appui du pouce sur le dessus du manche.

1-2) Atelier du Lotus
Franck Thomas et son fils étaient venus de leur montagne corse avec une superbe collection de couteaux ..... corses, bien entendu.
Il s'agit cependant de productions luxueuses qui n'ont plus qu'un rapport lointain avec le modeste corniciulu du berger corse!
 Le manche est bien entendu une corne de bélier dont la texture superbe a été préservée lors du façonage du manche, mais la lame est en damas. Le dessus de la lame est partiellement guilloché et un petit diamant y a même été rapporté, ce qui rompt définitivement le coté rustique!

1-3) Mickael Moing, Souris informatique
Ce jeune artisan s'est fait une spécialisé de donner un aspect animalier à ses couteaux. Aprés lui avoir acheté un éléphant rose, j'ai trouvé cette année sur sa table une souris verte!

Cette "souris informatique" posséde des flancs en circuit imprimé. Mickael m'a cependant avoué que ce circuit ne provenait pas d'une véritable souris. La Société de Protection des Animaux peut donc être rassurée: Aucun animal n'a été maltraité pour la réalisation de ce couteau!
J'aime beaucoup la petite queue forgée dans le prolongement de l'intercalaire en acier. Noter aussi les petites oreilles en cuivre. L'oeil et la bouche sont également marqués sur la lame.

1-4) David Lespect
Un autre jeune artisan qui travaille dans un style plus traditionel! Sa production évolue cependant vers des couteaux plus techniques. Aprés lui avoir acheté l'année derniére un piémontais à platines titane et plaquettes en ivoire de mamouth, je lui ai acheté cette année un grand couteau frame lock, à platines en titane sablé, avec plaquettes partielles en bois de cerf.

Les plaquettes en bois de cerf assurent une excellente prise en main de ce couteau, dont le modèle sans plaquettes ne me convenait pas (manche trop mince pour moi)
On perçoit d'aprés le reflet sur le fil de la lame que David maitrise parfaitement l'affutage ogival de ses lames!

Le même fermé.

1-5) Patt, Le Rigolo
Cet artisan m'a fourni un joli petit couteau de type greffoir qui a baptisé Le Rigolo.
C'est vrai qu'avec sa forme de lame très particuliére, ce couteau a une drôle de touche!
Comme sur le couteau précédent que j'avais acheté à cet artisan, la lame est un sandwich avec coeur en acier moderne et flancs en vieux fers pour le coté rustique.

Même fermé, sa forme interpelle!

1-6) Eric Parmentier, Le Diabolo
Comme tous les ans Eric était présent avec sa charmante épouse Véronique, venus de leur lointaine Belgique.
Jusqu'alors j'avais acheté à Eric des couteaux habillés de bois variés toujours sélectionnés pour leur aspect spectaculaire.
Cette année je me suis laissé tenter par un modèle résolument moderne, avec platines en titane sablé.
Comme toujours la lame est en Niolox. Le système de blocage est le piston amorti inventé par Eric. Un ressort dans un tube pousse le curseur qui vient bloquer la lame.

Pour fermer le couteau, il faut libérer la lame en tirant le curseur vers l'arriére.

1-7) Alain Valette, Eclat et A.Tension
Encore un grand malade qui est incapable de faire deux fois le même couteau!
Cette année Alain était venu en force, avec Madame et ses deux filles!
La grande spécialité d'Alain est l'Eclat. Sur une base d'un couteau à friction de forme générale parfaitement définie, les variations dans la décoration sont infinies.
Cette année j'ai craqué pour l'Eclat 14-2006:
Sur des platines en titane anodisé et finement gravé, a été rapportée une bagette en acier "ficelée" par une tresse en argent.
La finesse des détails est hallucinante! Il faut vraiment regarder à la loupe!

Des gravures super fines simulent un craquelement de l'acier sous la pression de la corde d'argent!

Je me suis aussi fait piéger par un prototype d'un couteau appelé A.Tension

Il s'agit d'un couteau à cran forcé dont la singularité est que le ressort est extérieur aux platines et non comme d'habitude, dans le dos du manche.
On voit sur cette photo un des deux ressorts à boudin dont la tension se repporte au dos de la lame par un cable d'acier et une poulie.
On voit ici l'intercalaire soulevé par le talon de la lame et tiré vers le bas par le câble.
La tension du cable peut par ailleurs être renforcée par un passage du cable sur la poulie intermédiaire à droite de la photo.
Vous pouvez ici admirer le travail de ciselure sur les visseries et le bouchonnage sur les platines en titane.
Alain Valette est vraiment un fou du détail!


2) Les petits industriels

2-1) Atelier Perceval, L10 et "Le Grand"
L'atelier Perceval n'était pas présent à Coutellia mais avait organisé une journée portes ouvertes dans ses nouveaux locaux.
C'était l'occasion de tester les couteaux de cet atelier sur un superbe jambon et un excellent fromage mis à disposition des visiteurs à cet effet!
Outre ce casse croute sérieux, il y avait bien entendu des couteaux!
L'année derniére j'avais acquis un des couteaux de la présérie de 12 du nouveau modèle, le L10.
Cette année j'avais commandé un couteau de la production en cours, habillé de plaquettes en gaïac.
 
Le couteau de l'année derniére (en bas, habillé d'ébène du Mozambique) était le modèle liner lock, le couteau acheté cette année comporte en outre une lentille qui lui donne un petit air de piémontais, alors qu'il s'agit bien d'un liner lock. Cette lentille permet une ouverture du couteau d'une main.

Cette année aussi il y avait du prototype dans l'air:
Il s'agit d'un couteau, de type liner lock, mais dont la longueur ouverte est de 24 cm:  d'où son petit nom "Le Grand" qu'il n'a vraiment pas volé!
Ce couteau est inspiré d'un modèle du 18éme siécle et il utilise des matériaux de luxe et des finitions rafinées.
Le couteau que j'ai acheté est le n°2 d'une premiére série de quatre.

Les plaquettes sont en bois de cerf sambar, réputé pour la qualité de son grain. 

Le ressort est entiérement guilloché par Roland Lannier et les platines sont partiellement guillochées.
Noter l'intercalaire rouge entre les platines et les plaquettes.
Je souhaite une longue vie à cette nouvelle série qui confirme le savoir faire de l'Atelier Perceval.


Vous avez donc pu visualiser ici le résultat d'une journée de délire sur cet excellent salon qu'est Coutellia à Thiers.
Outre des couteliers tous aussi sympathiques et compétents les uns que les autres, les contacts avec les autres collectionneurs sont toujours aussi passionnants!



Par Lancelot - Publié dans : Manifestations
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Vendredi 3 octobre 2008
Le SICAC, Salon International de la Coutellerie Custom, se tient tous les ans vers la fin septembre à Paris.
Il accueille comme le dit son nom, des couteliers du monde entier, dont certains sont fidèle à l'événement depuis de nombreuses années.
Cette année encore il se tenait au Palais de la Mutualité.

EN MARGE DU SICAC

Cette manifestation importante est bien entendu l'occasion de rencontres informelles entre membres de forums et coutelliers.
C'est ainsi que lors d'un repas entre forumeurs, la veille du salon, j'ai eu l'occasion de faire connaissance d'un jeune coutelier que je suivais sur le forum, mais que je n'avais pas encore rencontré.

Stéphane Espi, connu sous le pseudo de Nonoche, n'exposait pas au SICAC, mais il avait une pleine valise de couteaux qu'il a fait circuler sur la table du restaurant. Il est évident que dans le tas j'en ai trouvé un à ma convenance:


Il s'agit d'un liner-lock à lame damas forgée par Daniel Vally, platines titane et plaquettes en loupe d'orme.



Nonoche est particuliérement connu pour ses guillochages. Bien que le couteau ci dessus soit assez sobre, il faut noter la présence de guillochages sur la lame, sur les platines et sur l'intercalaire entre celles ci!

Toujours en marge du SICAC, j'ai reçu une livraison: il s'agissait d'un couteau d'Alain Valette que j'avais déjà rencontré à Thiers:

Alain Valette, Mékilékon:


Ce couteau ressemble au modèle nommé Eclat



Mais il s'ouvre à l'envers, d'où le nom!


Voilà le couteau dans son vrai sens!


En bas un Eclat classique, en haut le "faux Eclat".
Il y a symétrie mais bien entendu le type de lame a été modifié, le tranchant du Mékilékon étant droit, alors qu'il est courbe sur l'Eclat (respectivement type wharnclif et nordique)
Le modèle présenté est le prototype de ce qui sera peut être une nouvelle série.


LE SICAC

1) Couteaux industriels

1-1) Citadel, Buddy small red


En tant que membre du CICCC, je reçois à l'entrée su salon ce petit couteau.
Citadel fait fabriquer au Cambodge des couteaux selon des techniques artisanales.
Le modèle ci dessus est de type deux clous, sans système de blocage de la lame.
La lame brute de forge est forgée en acier XC75 et bénéficie d'une trempe sélective, seul le bord de coupe étant trempé. Les platines et mitres sont en acier inox, les plaquettes sont en padouk d'Asie, bois rouge présentant un superbe veinage.
Ca tombe bien, je n'avais pas de padouk d'Asie dans ma collection de bois!

1-2) Volcan, Coronado


La marque Volcan est pilotée par Matt Diskin qui a cessé sa colaboration avec Rainy Vallotton.
Il s'agit d'un liner-lock doté d'un système d'ouverture assistée qui en fait en réalité un automatique.
Le ressort est masqué dans l'épaisseur des plaquettes.
Lame en acier inox AUS 8, platines en acier, plaquettes en Zytel.
Il s'agit d'un couteau de construction économique, fabriqué à Taîwan, mais qui reste très intéressant.

2) Couteaux d'artisans

2-1) Eric Parmentier, L'Explorateur


C'est toujours le même plaisir de rencontrer Eric et sa charmante épouse Véronique.

J'ai bien entendu trouvé sur sa table un couteau qui présente des caractéristiques techniques intéressantes et un habillage en bois de séquoia (Redwood) qui manquait à ma collection.

Tout d'abord, la lame est en Niolox. Il s'agit d'un acier comportant du niobium qui contribue à une excellente tenue du fil.


Le système de blocage de la lame se fait par un curseur en extrémité d'une tige qui se déplace dans un cylindre contenant un ressort. Ce système inventé par Eric porte le nom de "fermeture à piston amorti"

Il s'agit bien sur, comme toute la production d'Eric, d'un couteau parfaitement ajusté et fini.

2-2) Patt Art Celtic, le Gildas


L'aspect rustique de ce couteau provient des matériaux utilisés pour sa lame.
Il s'agit d'une lame sandwich comportant un coeur en acier 135Cr3 et des flancs en vieux fer provenant d'un stock de bandages pour roues de chariot, l'atelier de Patt étant installé dans un ancien atelier de charron qui avait abandonné son stock de bandages! C'est ce vieux fer qui présente l'aspect feuilleté visible sur la lame.
Pour contrarier l'aspect rustique, le manche est en ébène, avec des rivets en laiton!

2-3) Paulo Simoes, Le Trapuche


Il s'agit d'un petit couteau de type deux doigts, lame acier 5160, plaquettes en bois de cerf.
C'est par dérision pour ses origines portuguaises que Paulo termine le nom de ses couteaux par la chuintante caractéristique de sa langue natale. En français son couteau se serait appelé Le Trapus!


Le même dans son joli costume de cuir à tannage végétal, décoré par repoussage.
Cet étui peut se porter au cou ou à la ceinture.

2-4) R.B. Johnson


C'était mon premier contact avec ce coutelier américain qui travaille dans le Minnnesota.
Que de l'extraordinaire dans ce couteau:
pour la partie cachée, platines en titane anodisé bleu
lame en damas de Mike Norris, motif Hornet's nest (nid de frelons!)
mitre en damas mosaïque d'aciers teintés dans la masse de Chris Marks
plaquettes en carapace de tatou
et enfin le bouton d'ouverture sur la lame comporte un insert en rubis!

Bien entendu l'intercalaire comporte un superbe guillochage.



Que des bons souvenirs, de belles rencontres avec forumeurs et couteliers et bien entendu, sur les tables, des merveilles que je n'ai pu toutes acheter!
Faut bien en laisser aux copains!



Par Lancelot - Publié dans : Manifestations
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Vendredi 30 mai 2008


Comme je vous l'avais promis, je vous présente ici mes derniers trésors acquis lors du salon COUTELLIA qui s'est tenu à Thiers.
Cet excellent salon est l'occasion de revoir des couteliers connus mais aussi de faire de nouvelles connaissances.
C'est aussi l'occasion de retrouver des forumeurs avec lesquels j'entretiens le reste du temps des joutes verbales virtuelles.

Je commencerai par les artisans:

1) Alain et Joris Chomiler
Il s'agit d'un duo père et fils qui présentent toujours des piéces remarquables. J'avais déjà acquis chez eux un superbe couteau dont la lame et le manche avaient été sculptés dans un même barreau d'acier damas.
Lors de ce salon, je me suis laissé tenter par une autre piéce exceptionnelle:


Il s'agit d'un couteau pliant, à système liner lock, platines en titane, lame damas et plaquettes en ivoire de mammouth comportant un insert de damas sur chaque face. L'entretoise qui porte la signature des couteliers est du même damas que la lame. Le montage de la lame est fait sur rondelles en bronze au beryllium.


Vous pouvez admirer ici le superbe motif du damas élaboré par le forgeron danois Poul Strande. Il faut préciser que la lame est en fait un sandwich avec un coeur en acier massif XC90 et que les deux flancs sont en acier damas acier - nickel pur assurant un très fort contraste. C'est la géométrie légérement ondulée de l'interface entre acier du coeur et damas des flancs qui conduit au motif visible ci dessus lors de l'émouture de la lame.


2) Bruno Duffort
C'était ma premiére rencontre avec ce coutelier qui ne se déplace pas en région parisienne!
C'est un spécialiste de l'ouest américain et toutes ses créations s'en ressentent! Il est difficile de trouver un couteau qui ne porte pas un insert en argent ou en turquoise!

 Mon premier achat chez ce coutelier est un couteau pliant de style piémontais dont les plaquettes sont en bois de cerf, la plaquette droite portant en insert une importante turquoise tirée de la mine de Red Mountain, dans le Nevada.
La lame en acier C70 (non inoxydable) est forgée et soumise à trempe sélective. Elle a par ailleurs été attaquée à l'acide pour révéler une texture légérement granuleuse du plus bel effet . Le motif en pointe de flèche sur la lame est la signature de Bruno Duffort.

Sur le couteau fermé on voit bien la lentille (queue de la lame) caractéristique des piémontais.


3) David Lespect
J'avais repéré sur la table de ce jeune professionnel un joli pliant piémontais avec des plaquettes en ivoire de mammouth. Ce couteau étant déjà vendu, David a bien voulu accepter ma commande pour un couteau dans le même esprit. Je viens donc de recevoir le couteaux ci dessous qui répond à toutes mes attentes:


Il s'agit d'un piémontais dont les platines sont en titane et les plaquettes en ivoire de mammouth.


On voit ici la lentille (appendice dans le prolongement du dos de la lame) qui permet la manipulation de la lame et son maintien en position ouverte. Admirez aussi la texture de la croute de défense de mammouth.


4) Mickael Moing
Il s'agit d'un jeune coutelier que je n'avais pas encore rencontré et dont je ne possédais aucun couteau. Il fallait bien réparer cette ommission!

Ce couteau, nommé le Zig, à l'aspect assez barbare, est en fait très original dans sa conception. Le manche est une tole pliée, dont la partie supérieure, prés du pli, est recoupée pour constituer le ressort du mécanisme à cran forcé.
Sur le manche sont fixées des plaquettes en fer martelé, elle même décorées, ainsi que la lame, de clous en cuivre, laiton et maillechort. La décoration de la lame et de l'entretoise est complétée par des torsades forgées, nommée ziguouiguoui par le coutelier, d'où le nom du couteau!.
Trés beau couteau pour qui aime le style Mad Max!


5) Philippe Mousseau
J'ai retrouvé avec plaisir ce spécialiste des couteaux droits forgés.


Je lui ai acheté un adorable petit couteau droit, de type deux doigts, dont la lame est faite dans un damas carbone random élaboré par Gary Headrick et dont la poignée est constituée de deux rondelles taillées dans la base d'un bois de chevreuil. Ce type de couteau se tient en plaçant l'index dans l'encoche au dessus de la piéce de un eurocent et le pouce sur la partie guillochée visible au dessus des découpes.


Ce petit couteau était accompagné d'un étui en peau de patte d'autruche. Il peut se porter au cou, mais j'ai préféré opter pour le port à la ceinture, les lacets passsant sous la ceinture et étant retenus par la superbe boule de cade qui est par ailleurs trés fortement odorante. Quand on porte ce couteau, on se croit dans le maquis!


6) Eric Parmentier

J'ai également retrouvé avec plaisir ce très aimable coutelier belge, toujours accompagné de sa non moins charmante épouse!



Le modèle que j'ai choisi sur sa table se nomme Urbanica Grande. Il s'agit d'un système piémontais. Comme toutes les productions d'Eric il est magnifiquement ajusté. J'ai choisi ce modèle particulier pour les plaquettes en superbe loupe d'eucalyptus.
Eric est vraiment très fort pour trouver des bois extraordinaires. (voir plus bas un autre de ses couteaux portant des plaquettes en loupe d'amboine, magnifique!)


7) Alain Valette

Enfin une rencontre avec ce grand artiste! Outre ses couteaux, sa table était aussi illuminée par le sourire de sa charmante fille! Eh oui, il n'y a pas que des couteaux dans un salon de coutellerie!



Alain Valette a créé le couteau baptisé Eclat. Sur une base commune (forme générale, mécanisme par friction) tous les Eclats sont différents dans leur décoration qui est trés variée.



Sur mon exemplaire (numéroté 9-2008) on notera une platine en titane partiellement anodisée, décorée par des éléments de damas retenant eux même des barres de maillechort. Une bille est fixée entre deux morceaux de damas. Noter aussi les billes serties dans l'intercalaire en inox visible en haut à gauche.
Vous comprenez maintenant pourquoi j'ai parlé d'artiste et non de coutelier! (ce qu'il est quand même!)


8) Jean Pierre Veysseyre
On retrouve toujours avec plaisir une vieille connaissance dont le style a fortement évolué au fil des ans.

Je me suis laissé séduire par un pliant à cran forcé qui cumule un superbe damas pour la lame, une mitre en damas mosaïque et des plaquettes en loupe de bois de fer de l'Arizona présentant une texture extraordinaire.
La lame damas comporte par ailleurs un tranchant rapporté d'un damas d'un autre motif, beaucoup plus fin.

Je poursuivrai avec des productions de petits industriels thiernois:

Ce terme de petit industriels vient simplement en opposition avec les entreprises qui produisent de très grandes séries de couteaux standardisés. Les entreprises citées ci dessous sont à taille humaine et sont particuliérement sensibilisées à la qualité. Elles peuvent produire des piéces uniques en utlisant des matériaux de qualité exceptionelle.


1) Atelier Perceval
Il s'agit d'un atelier de taille modeste puisque quatre personnes seulement y travaillent.
La gamme des modèles n'est pas très importante, mais le nombre des variantes autorisées par le choix des matériaux est immense.
Parmi les couteaux pliants, le modèle phare était Le Français.
Mais Roland Lannier a dévoilé à l'occasion du salon un nouveau modèle, le L10 dont j'ai pu acquérir un des douze premiers exemplaires.



Il s'agit d'un pliant à système liner lock, mais il existe aussi une variante en système piémontais.


Sur ce modèle les plaquettes sont en ébène du Mozambique.


Cette photo permet la comparaison entre le L10, en haut, et Le Français, en bas.
Les formes très sobres du Français ont été légérement adoucies sur le L10, la forme de la lame ayant été fortement modifiée (plus large, moins pointue)



Cette derniére photo permet de comparer les deux couteaux fermés et d'aprécier le veinage des bois, ébène du Mozambique pour le L10, en haut et ébène de Macassar pour le Français, en bas.

Merci Roland pour la qualité de ta production et le choix de tes matériaux.


2) Fontenille Pataud

Il s'agit d'une vielle maison thiernoise (1925) dirigée par Gilles Steinberg, qui signe ses couteaux sous le nom de Gilles.
Sur la base du modèle du Thiers, Gilles a imagé une variante trés particuliére, sous forme de semi-squelette.


Vu de ce coté on reconnait la forme du Thiers, avec un manche en croute de défense de mammouth et une lame en damas. Ca sort déjà de l'ordinaire!


Quand on regarde l'autre face, on comprend le concept de squelette: il manque l'essentiel du coté gauche du couteau: pas de platine, plaquette réduite à sa plus simple expression.
On en profite pour constater que la platine est aussi en damas et on voit bien le ressort du liner taillé dans le damas.


 Enfin le même fermé, surprenant non!

Bravo Gilles pour ton inventivité et le choix des matériaux de cette piéce qui était encore unique lors du salon!


That's all, Folks !

Prochain salon prévu:Sicac 19/09/08 à Paris


 

 

 

Par Patrick - Publié dans : Manifestations
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Lundi 28 avril 2008


Je vous propose ci dessous une revue de quelques uns des bois que l'on peut trouver sur mes couteaux.
Par simplicité je vous les propose dans l'ordres alphabétique, avec quelques indications sur le couteau correspondant.



Acacia, Coutellerie du Rouergue
Aloha, Richard Ciachera

Bocote, greffoir de Richard Ciachera


Bois de fer d'Arizona
, Le Français de Perceval



Bois de serpent, Le Français de Perceval


Bouleau, petit pukoo de Lauri Tuotteet



 Buis, Nontron classique



Red Cherry burl
, loupe de cerisier, pliant de Gurganus


Cocobolo, Yom de G Allemand


Ebène et loupe de bruyére
, 1515 de Manu Laplace 


Ebène et pernambouc, couteau de Claude Lory



Ebène du Mozambique et ébène de Macassar, L10 et Le Français de Perceval


Loupe d'eucalyptus, Urbanica Grande Eric Parmentier


Hêtre, Opinel n° 9, le grand classique


Juniperus, en provenance de Versailles, Alain Vialis


Loupe d'amboine
, Eric Parmentier, Le Dodu


Loupe de bruyére
, Benoit Mijoule, Laguiole Le Tribal


Loupe de cognassier de Chine, Red Quince, Fällkniven TK3

Noyer, OCERM, cornuciolu

Olivier, Michael Trocherie, Le Gracile


Loupe d'orme, Stephane Espi


Padouk d'Asie, Citadel, Buddy small red

 Palissandre, Alain Descy, D6


Peuplier
, Pierre Fléche

Pistachier, pliant de J.P. Veysseyre


Satiné rubané, Mékilékon d'Alain Valette


Séquoia Redwood, L'Explorateur d'Eric Parmentier

Sneeze wood, pliant de Des Horn

Loupe de thuya, Gilles, Yssingeaux

Wenge, Le Périgord


Voilà donc quelques unes des essences que j'ai trouvées sur les manches des couteaux de ma collection.

Le bois est vraiment un matériau extraordinaire par sa beauté et sa variété.
Par Patrick - Publié dans : Divers
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