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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 09:16

 

Quand on est intoxiqué, personne ne vient vous aider! Au contraire les âmes bien pensantes viennent vous rapeller votre vice et vous proposer de nouvelles  doses!

C'est ainsi qu'un membre du forum NeoCzen constatant une grave carence dans ma collection m'a proposé un de ses couteaux acquis auprés d'AliasWonder. Je n'ai bien entendu pas eu la volonté de résister à ce nouveau coup  de bambou!

 

Il s'agit du Take no Kami numéro 81, de la série "Esprit de la forêt".

 

AliasWonder 10 81 B

 

Il s'agit d'un couteau particulier, réalisé dans l'esprit de la "Collection d'été 2011" mais qui n'avait pas été officiellement présenté, AliasWonder se l'étant réservé. 

 

Il avait en effet remarqué la forme particuliére des lames forgées par la couteliére belge Véronique Laurent, connue sous le nom de Véro, et en particulier une lame de néo-greffoir piémontais. Il avait obtenu de Véro qu'elle lui fournisse une lame de ce type en nickwich. Le nickwich est un sandwich comportant un coeur en acier au tungsténe et deux flancs en acier au manganèse, ces deux aciers étant séparés par une feuille de nickel pur.

Le trait sinueux et brillant sur la lame correspond à la trace de cette feuille de nickel.

 

AliasWonder n'a cependant pas su résister à la pression de ses fans et s'est finalement séparé de cette merveille!   

 

AliasWonder 10 81 E 

On retrouve sur cette vue du couteau fermé le travail des petites bêtes de la forêt (alias Dremel!) sur une racine particuliérement compacte.

 

AliasWonder 10 81 K

 

Vue de l'extrémité du manche, admirez le travail de sculpture dans le noeud de la racine de bambou. On voit aussi sur l'extrémité de la lame la structure en sandwich avec les deux feuilles de nickel.

 

AliasWonder 10 81 I

 

Vue rapprochée de la lame de Véro.

 

AliasWonder 10 81 J

 

Véro signe ses lames par guillochage sur le dos de celles ci. La texture du sandwich est parfaitement visible. 

 

AliasWonder 10 81 L 

 

Vue comparative entre le couteau d'AliasWonder et un couteau entiérement réalisé par Véronique Laurent.

Les lames ont exactement la même forme. Je n'avais pas encore de lame en nickwich, ce qui a été une circonstance aggravante à ma pulsion acheteuse!

 

 

J'espère quand même qu'AliasWonder va calmer sa créativité! Ceci m'étonnerait cependant de sa part puisqu'il m'a confié, sous le sceau du secret le plus absolu, qu'il aurait un table au prochain SICAC, en septembre 2013. Il va donc devoir travailler encore pour meubler cette table!

 

 

 

 

26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 14:20

 

Comme je l'avais signalé dans un article précédent AliasWonder a un véritable don pour piéger ses admirateurs en imaginant de nouvelles configurations!

C'est ainsi que la "Collection printemps 2013" présente une véritable innovation dans la technique de décoration du manche qui reste bien entendu toujours en racine de bambou.

 

Take no Kami n° 141 

 

AliasWonder 09 141 C

 

Jusqu'à présent AliasWonder avait travaillé dans un style simulant le vieillissement du bambou ou dans un style faisant apparaitre des tendons qui me font penser à Alien.

Dans cette nouvelle série il crée un motif répétitif qu'il désigne comme motif de vannerie. Personellement celà me fait aussi penser à des runes!

Sur le couteau présenté ici on retrouve encore des segments à texture tendineuse mais aussi deux segments à décor de runes. Vous noterez que même le bouton de fermeture de la pochette est décoré de la même façon.

 

La forme de la lame et du manche sont orientés vers un usage pour la table.

 

 AliasWonder 09 141 D 

 

La vue ci dessus montre le couteau fermé.

 

AliasWonder 09 141 F

 

Vue rapprochée mettant en évidence les diverses techniques de sculpture du manche. Au centre de la photo on voit bien le motif répétitif des runes séparant deux zones nettement tendineuses. La vis d'axe est montée sur une rondelle en laiton découpée en fleur dont chaque pétale est gravé.

 

AliasWonder 09 141 G

 

La lame a été réalisée par Benjamin Cardoso sur la base d'un motif défini par AliasWonder en vue de l'usage prévu. Cette lame est en acier 115W8, acier assez peu répandu, contenant 2 % de tungsténe ce qui assure la longévité du pouvoir de coupe. Cet acier n'est pas inoxydable. Vous noterez la beauté de la ligne de trempe.

 

  AliasWonder 09 141 H

 

Cette lame présente par ailleurs un guillochage réalisé par Benjamin Cardoso, sur pratiquement toute sa longueur.

 

 

Lors de notre derniére rencontre, AliasWonder nous a présenté encore de nouvelles idées de traitement des lames et manches! Je crains donc que le présent article ne soit pas le dernier concernant cet artiste!

 

 

4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 14:54

Je vous ai déjà présenté dans mon article sur les couteaux à manche en tôle le couteau japonais portant le nom de higonokami: ce terme signifie Seigneur de Higo.

Fin 2009, la personne qui se cache sous le pseudo d'AliasWonder, a commencé à faire parler d'elle en présentant sur les forums des couteaux élaborés avec des lames récupérées sur des higonokami ou des higonaifu et montées sur un manche en racine de bambou.

AliasWonder a baptisé ces couteaux du nom de Take no Kami, ce qui signifie Seigneur du Bambou!

Voici le premier couteau que j'ai pu acquérir. Il s'agit du n°5, chaque couteau étant numéroté et répertorié dans de magnifiques montages diffusés sous forme de fichiers .pdf.

AliasWonder n° 5

© AliasWonder

 

AliasWonder 01 L

J'ai fait figurer sur la même photo un véritable higonokami de Motosuke Nagao, à manche en laiton.

AliasWonder 01 H

Le Take no Kami n° 5 est en fait construit sur la lame d'un higonaifu de Myamoto Seisakusho dont la carcasse dépouillée de sa lame est ici photographiée sous le couteau fermé.

 

Le problème est qu'AliasWonder n'a pas voulu s'arréter en si bon chemin et qu'il  a récidivé avec une "Collection d'hiver 2009"

AliasWonder n° 26

© AliasWonder

AliasWonder 02 B

 

On voit ici le n° 26, posé sur sa pochette en tissus japonais. On note tout d'abord que le couteau est dans un étui en bambou et que le manche a été enrichi de deux cordons de soie qui peuvent simuler les antennes d'une bestiole cachée dans le tube!

AliasWonder 02 C

Et voilà la bestiole!

AliasWonder 02 F

Photo montrant le couteau ouvert et un segment de racine de bambou du type utilisé pour le manche.

Ce couteau est ausi construit sur une lame de Myamoto Seisakusho. On constate par contre un travail plus important sur le manche dont le bois a été aminci entre les noeuds de la racine de bambou. Je trouve aussi que la lame a été plus harmonieusement insérée que celle du premier modèle présenté.

ET C'EST LA QUE LE PIEGE S'OUVRE, ALIASWONDER AMELIORE SA TECHNIQUE A CHAQUE NOUVELLE SERIE ET LE MALHEUREUX COLLECTIONEUR EST PRIS DANS LA SPIRALE DES NOUVEAUTES!

 

C'est ainsi que dans la "Collection printemps 2010" que j'ai été "obligé" d'acquérir le n° 33!

AliasWonder n° 33

© AliasWonder, couteau dans son costume d'origine.

AliasWonder 03 E

Il s'agit ici d'un couteau beaucoup plus massif construit sur la lame extraite d'un couteau de Hideto Kanmera.

On change ici de gamme puisqu'il ne s'agit plus de lame de couteaux courants mais d'une lame forgée par un maître connu.

Le manche est toujours en racine de bambou, mais ici AliasWonder a utilisé un segment portant des traces de vers, ce qui donne un aspect vieilli à ce couteau.

 

Toujours dans la même "Collection printemps 2010", j'ai pu acquérir le n° 54.

AliasWonder 04 G

Il s'agit d'un couteau construit à partir d'une lame de Motosuke Nagao, le seul titulaire du nom de higonokami.

AliasWonder a cependant considérablement amélioré les finitions assez rustiques de Maître Nagao!

AliasWonder 04 D

Ce couteau est doté d'un étui fendu en "boudha bamboo" caractérisé par des ventres entre les noeuds. On notera aussi sur le manche des découpes sinueuses en prolongement de la saignée faite pour la lame.

 

ET ON PASSE A LA "COLLECTION ETE 2011" !

Cette collection porte un sous titre "ESPRIT DE LA FORET"

J'ai aussi pu me procurer deux exemplaires de cette série.

N° 58:

AliasWonder 05 E

Le terme "Esprit de la Forêt" correspond au travail de vieillissement du manche et de l'étui qui paraissent avoir subi les outrages du temps et des divers habitants de la forêt. Il s'agit cependant ici d'un travail à la fraise et à la gouje, contrairement au vieillissement naturel du couteau précédent!

AliasWonder 05 G

Vue du couteau semi ouvert. On notera la présence de segments de racine de bambou articulés sur l'extrémité du manche, eux même prolongés par un cordon de soie et des perles de laiton.

AliasWonder 05 M Ikeuchi

La lame est ici forgée par Ikeuchi, ses flancs sont en suminagashi.

 

N° 73, Esprit de la Forêt

AliasWonder 06 B

Il s'agit ici encore d'un grand couteau. On notera en extrémité du manche un empilement de tronçons articulés qui simulent la queue d'un crotale. La racine du bambou du manche a subis le même traitement de vieillissement artificiel que tous ses compagnons de série.

Ce couteau est en fait une réplique d'un autre couteau d'AliasWonder qui avait fait l'objet d'un article dans le n° 106 de "La Passion des Couteaux". Ce couteau avait été doté d'une lame forgée par Stéphane ESPI dans un somptueux damas d'Achim Wirtz. Le bambou n'avait pas été martyrisé pour le vieillir et ce couteau avait été baptisé "Le Crotale". Compte tenu de l'état de "délabrement" du mien, je l'ai baptisé "Le Vieux Crotale"!

AliasWonder 06 E

La lame de ce "Vieux Crotale" est forgée par Benjamin Cardoso, on sort donc de la tradition des lames japonaises!

AliasWonder 06 D

Vue rapprochée de la queue du Crotale!

 

 

ET ON PASSE A LA "COLLECTION PRINTEMPS 2012" !

A l'occasion du n° 100, AliasWonder s'est livré à un travail de sculpture pour le moins étonnant.

AliasWonder 07 B

L'étui du couteau a ici subi des outrages tels qu'il en est devenu transparent!

AliasWonder 07 H

Le manche n'est plus que l'ombre de lui même! Il est tellement "décharné" qu'on voit tous les tendons de la bête!

Je lui trouve un petit air d'alien, mais AliasWonder n'aime pas cette approche!

AliasWonder 07 I

Vue du couteau fermé et de l'autre face de l'étui.

Ici encore la lame n'est pas japonaise mais réalisée en acier RWL34 par le coutelier français Philippe Jourget, sur une forme définie par AliasWonder.

 

APRES AVOIR MANQUE LA "COLLECTION ETE 2012", JE SUIS PASSE A LA "COLLECTION AUTOMNE 2012"

Cela faisait longtemps que j'avais demandé à Stéphane Espi de fournir à AliasWonder une lame qui me serait destinée. C'est chose faite et j'ai pu acquérir le N° 129 construit autour d'une lame en acier D2, sur un profil bien entendu déterminé par AliasWonder.

AliasWonder 08 D

On voit ici sur la lentille le poinçon de Stéphane Espi.

Contrairement aux couteaux précédents le travail sur le manche parait minimal mais il en résulte quand même un aspect wabi-sabi du meilleur effet.

AliasWonder 08 F

Le profil du manche est parfaitement adapté à la forme de la lame. Le couteau est parfaitement équilibré, aussi bien à l'oeil qu'à la prise en main.

Il faut préciser que la pièce en bambou en extrémité du cordon de soie comporte un appendice en ébène sur lequel AliasWonder a eu la gentillesse de graver le symbole du Dragon Rouge.

AliasWonder n° 129

© AliasWonder

Contrairement a certaines affirmations  (voir ici ) je ne fais pas partie d'une triade, mais je suis membre de la Fédération Française de Mah-jong, dont je suis un fervent pratiquant. Cela permet une signature très personnelle des feuilles de score!

 

AliasWonder 08 I

L'ami Stéphane est le roi du "nonochage" et il n'a pu s'empêcher de placer une petite guilloche sur le dos de la lame! Cela reste cependant très discret et ne nuit en rien à l'esprit parfaitement zen de ce couteau.

 

 

J'espère que cet article aura pu attirer votre attention sur un personnage qui n'est pas coutelier professionnel mais dont la passion a conduit à une amélioration permanente des productions aussi bien dans la qualité du travail que dans l'imagination mise en oeuvre.

Merci ALIASWONDER pour ta gentillesse, ta disponibilité et continues dans cet esprit!

 


3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 15:46

 

A l'occasion d'un voyage en Indonésie, j'ai retrouvé à Yogyakarta, sur l'ile de Java, un ami de longue date, résidant en Indonésie et collectionneur de kriss!

Je vous conseille d'aller visiter sa collection ici 

C'est donc sous des conseils éclairés que j'ai pu faire l'acquisition de la pièce que je vous présente ci dessous.

Le kriss est un objet mythique, dont toutes les parties sont codifiées, la plus petite inflexion sur la lame, l'étui ou la poignée ayant un nom et une signification.

Mon kriss n'a certainement plus les pouvoirs magiques qui lui ont été attribués par un prêtre, mais je lui témoigne quand même tout le respect que je lui dois en le portant à la tempe droite chaque fois que je le sors de son fourreau.

La partie importante d'un kriss est bien entendu la lame qui peut être ancienne mais périodiquement "rhabillée" de neuf. La lame de mon kriss daterait du 18éme siècle, mais son sarong (habit, le mot est le même que pour l'habit traditionnel javanais) est plutôt du 20éme.

Les diverses caractéristiques de mon kriss permettent de déterminer qu'il provient de Solo, dans la province Java central. Il est de type Naga Rajah.    

 

Kriss 01 A
La longueur totale est de 50 cm. On distingue ici la poignée du kriss et l'ensemble de l'étui.
La partie basse de celui ci est doublée d'un foureau, le pendok, en laiton travaillé au repoussé.
La partie haute de l'étui, en forme de bateau, le warangka, est en bois d'accacia 
 
Kriss 01 B
La lame de 35 cm de longueur est en acier patiné en noir par un mélange de jus de citron et de trisulfure d'arsenic.
 
Kriss 01 D

La forme de la lame, dapur, est ondulée. On compte sur ce kriss treize ondulations ou luk.

Le motif de la lame est le naja royal dont le corps est en relief tout le long de la lame.

Cette lame ne comporte pas de pamor, décoration en damas.

 
Kriss 01 F

Détail du bas de la lame. Admirez le travail de ciselure de la tête du serpent.

La piéce horizontale en bas de la lame s'appelle ganja. Elle est indépendante de la lame, montée en force sur la soie.

La texture très granuleuse de l'acier témoigne de son age et des nombreuses opérations de nettoyage riruel (au jus de citron) et de révélation qu'il a connu.         

 
 Kriss 01 I

Face intérieure de la poignée en bois de sapotillier.

On distingue entre la lame et la poignée, une bague qui porte le nom de mendak. Elle est ici en cuivre.

 

 

Kriss 01 J
Sculpture de la poignée représentant de façon évidente un visage. Ceci peut paraitre paradoxal dans un pays majoritairement musulman.

On voit aussi que le mendak en cuivre est décoré de perles du même mètal.

 
Kriss 01 L

Vue rapproché de la partie haute de l'étui, le warangka, en bois d'accacia.

La forme de cette piéce est un des critéres d'identification de l'origine du kriss.

On voit aussi que la face arriére du pendok en laiton n'a pas été décorée par repoussage.

 
Kriss 01 M
Détail du décor floral du pendok, obtenu par repoussage du laiton
 
31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 14:45

Que d'anniversaires ces derniers temps!

Coutellia fait de toute façon partie de ces salons qu'on ne peut manquer!

 

Ne pouvant acheter vingt couteaux pour fêter dignement cet anniversaire, je me suis "contenté" de six acquisitions, dont une chez un coutelier que je connaissais, sans lui avoir jamais acheté de couteau.

Je commencerai donc par lui:

 

Raphaël Durand

 

 Il travaille dans un style très classique et il est renommé pour la qualité de ses ajustages.

 

J'ai trouvé sur sa table un modèle nommé Drop 105, qui est un couteau à cran forcé.

 

Durand Raphael 01 Drop 105 A

 

Comme vous pouvez vous en douter c'est la qualité des plaquettes, en loupe d'érable négundo, qui m'a tout d'abord attiré.

Accessoirement, la lame est en acier RWL34, acier inox de très haut de gamme issu de la métallurgie des poudres.

 

Durand Raphael 01 Drop 105 D

 

Vue de l'autre face du couteau mettant en évidence la splendeur de la texture du négundo!

 

 

Eric Parmentier

 

Il faut toujours faire vite sur la table de notre coutelier belge qui est rapidement pillée par ses fans!

Cette année j'ai trouvé sur sa table un modèle ancien mais qui n'avait pas encore trouvé le chemin de ma collection, le 1830.

 

Parmentier 07 1830 A

 

 Ce couteau est caractérisé par un mécanisme original, le "cylindre fendu" et l'exemplaire ci dessus est taillé dans une superbe loupe de frêne. La lame est, comme souvent chez Eric, en Niolox.

 

Parmentier 07 1830 D

 

Cette autre face du couteau dévoile une partie du mécanisme: un ressort latéral ancré vers l'arrière du manche pousse vers l'intérieur de celui ci un cylindre qui émerge sous forme de bouton sur l'autre face. Une partie de ce cylindre, à l'intérieur du manche est retaillée en forme de demi cylindre. Pour ouvrir ou fermer le couteau, il faut agir sur le bouton pour placer le méplat à l'arrière du talon de la lame pour permettre sa rotation. Un ajustage conique sur le talon de la lame permet par ailleurs un rattrapage de jeu. Le tout dans un manche en bois d'une seule pièce! Joli travail d'ajustage!

Et superbe bois!

 

 

 

David Lespect

 

 Un autre coutelier que je retrouve avec plaisir.

 

Lespect David 03 A

 

Cette année j'ai trouvé sur sa table ce superbe piémontais qui présente cependant la particularité d'être doté d'un système de blocage par billes.

Lame acier RWL34, platines en titane satiné et plaquettes en os de chameau teinté, ce dernier matériau n'étant pas encore entré dans ma collection.

 

Lespect David 03 G

.

Cette vue du couteau fermé par le dessus permet de comprendre le principe du système à bille de David.

Les deux platines sont découpées, comme pour un liner lock, mais en haut et non en bas, et des billes sont serties dans l'extrémité de ces ressorts.

 

Lespect David 03 C

 

Elle viennent s'insérer dans deux cavité sur chaque coté de la lentille caractéristique du système piémontais. Ce système assure une tenue de la lame proche de celle d'un cran forcé.

Vous pouvez apprécier sur cette photo le contraste entre le satiné des platines en titane et le poli de l'os de chameau!

 

 

Bruno Duffort

 

Le spécialiste des  couteaux de style amérindien!

 

J'avais repéré sur son site un piémontais dont le manche était constitué d'un bois de chevreuil d'une seule pièce.

J'ai eu le plaisir de le voir "en vrai" sur sa table, avant qu'il ne passe rapidement dans ma besace!

 

Duffort Bruno 02 B

 

 Comme sur ses plus beaux couteaux, le manche est décoré d'une pierre en insert. Malgré l'aspect, il ne s'agit pas d'une turquoise, mais d'une "natural peacock", pierre en fait très proche de la turquoise.

La lame en acier C70 présente une très belle ligne de trempe sélective et une finition satinée et vieillie à l'acide.

 

Duffort Bruno 02 C

 

Cette vue du couteau fermé montre la longue lentille qui permet le blocage du couteau ouvert, par pression de la paume sur celle ci, et la superbe texture du bois de chevreuil et de la pierre.

 

 

Alain et Joris Chomilier

 

C'est toujours un plaisir d'admirer le superbe travail de ce duo trans-générationel!

Certains trouvent ce travail trop chargé, mais moi j'adore!

 

Chomilier 03 A

 

Ce superbe couteau est basé sur le thème du mammouth! La lame est un superbe damas mosaïque du forgeron suédois Mattias Styrefors, de même que les mitres. Les plaquettes sont en molaire de mammouth!

 

Chomilier 03 G

 

 On voit mieux ici la composition de la lame dont le panneau central est une mosaïque de mammouths s'affrontant.

Le motif des mitres représente les traces de pas de ces bestioles sur le sol gelé de la toundra!

 

Chomilier 03 B

 

Le manche lui même représente le corps de l'animal, avec son front proéminent et son train arrière.

 

Chomilier 03 J

 

Sur cette vue rapprochée de la mitre arrière, on voit bien le train arrière du mammouth, le prolongement de la fausse pièce sculptée représentant sa queue!

Admirez au passage la superbe texture de la molaire de mammouth!

 

 

Bastide

 

Yves Neveux nous présente tous les ans des couteaux dotés de mécanismes originaux. Cette année il avait sur sa table un modèle nommé 007 qui présente la caractéristique de ne pas pouvoir être ouvert avant d'en connaître le secret!

 

Bastide 007 D

   

Même en connaissant le système il faut au moins deux mains pour ouvrir ce couteau!

 

Bastide 007 A

  

Les deux plaquettes sont en bouleau stabilisé, naturel d'un coté et noir de l'autre. La lame est en inox 12C27 poli glace.

 

 

 

Voilà, voilà, vous avez tout vu de mon Coutellia 2010!

Prochain rendez vous prévu: le SICAC 2010

 

 

 

 

 

29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 10:08

 

C'est un "petit" salon qui nous fait patienter entre le Sicac et Coutellia! Il s'est encore tenu cette année dans les salons de la Mutualité, à Paris.

Le nombre d'exposants est plus restreint, mais outre les artisans couteliers, on rencontre aussi des commerçants.

C'est aussi l'occasion de rencontrer des copains du forum en manque de couteaux, mais souvent chargés d'un jambon qui permet de tester les nouvelles acquisitions!

 

Cette année j'ai réussis à n'acheter "que" trois couteaux, mais il s'agit de piéces exceptionelles.

 

 

Richard Ciachera

 

J'avais déjà quelques couteaux simples de ce coutelier (piémontais), mais j'ai trouvé sur sa table un prototype d'un couteau beaucoup plus ambitieux: il s'agit encore d'un piémontais, mais beaucoup plus sophistiqué.

 

Ciachera Richard 04 piemontais a billes 2

 

Il s'agit d'un superbe piémontais, platines en titane bleui, plaquettes en dent de phacochère, mais la particuliarité n'est pas visible et ne se sent que lors de l'ouverture du couteau: quand on commence à ouvrir le couteau et quand la lame vient en ouverture compléte, on sent et on entend un petit clic: il s'agit de l'activation d'un système de blocage à billes qui assure une sécurité quand à la tenue en place de la lame, aussi bien ouverte que fermée.

 

Ciachera Richard 04 piemontais a billes 1

 

Le plus frustrant est que ce mécanisme est totalement invisible, il est entiérement localisé entre les platines et la partie de la lame autours de l'axe de rotation.

Il s'agit certainement d'une belle piéce de précision mécanique!

 

 

Jean-Claude Lafôret

 

Lors d'un salon précédent j'avais déjà acheté à Jean Claude un Yatagan, cette année j'ai trouvé une version de son Croix Martin qui a attiré mon attention:

 

Laforet 02 CroixStMartin 01

 

La lame est en damas inox Damasteel, motif hakapella, et les plaquettes sont en croute d'ivoire craquelé du plus bel effet.

 

Laforet 02 CroixStMartin 03

 

Le Croix Martin est la version luxe du modèle Arconsat, couteau à cran forcé. Outre la qualité des matériaux utilisés, il s'en distingue par le fait que les plaquettes sont en retrait par rapport aux platines, ce qui représente un très gros travail d'ajustage.

 

Laforet 02 CroixStMartin 06

 

Enfin le ressort a reçu un superbe guillochage au burin qui ressort superbement entre les platines polies miroir et l'ivoire monté sur intercalaire noir..

 

 

Christian Penot

 

C'est un des grands spécialistes français du damas!

J'ai trouvé cette année sur sa table un superbe et grand laguiole (13 cm) modifié par un système de blocage à pompe.

 

Penot Christian 02 A

La lame et les mitres sont tirés du même barreau de damas mosaïque à différents niveau de travail. Les plaquettes sont en ivoire de mammouth.

 

Penot Christian 02 C

 

On voit ici sur la mitre deux masques et deux étoiles.

 

Penot Christian 02 E

 

Sur cette vue de dessus on voit les platines en titane guilloché et bleui et surtout le levier de la pompe: sur l'abeille et sur le bouton de la pompe on retrouve encore des masques!

 

Il s'agit d'une véritable oeuvre d'art!

 

 

 

Il me semble avoir trouvé sur ce salon de quoi patienter jusqu'à Coutellia, au mois de mai à Thiers!

Le 20éme anniversaire de cet événement ne doit pas se manquer!

 

 

 

28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 15:20

Gembloux est une petite ville belge de longue tradition coutelière, qui organise tous les ans un salon.

Cette année la BKS fêtait le dixième anniversaire de cet événement, c'était une bonne raison pour faire une visite chez nos amis belges!

C'est la première fois que je visite ce salon, très convivial, où des couteliers venus de toute l'Europe se côtoient dans la meilleure humeur et la polyglottie la plus totale! Une buvette dans la salle permet par ailleurs d'apprécier l'excellente biére de l'abbaye locale!

 

Mes acquisitions furent les suivantes:

 

Eric Parmentier

 

Il fallait bien commencer par un des régionaux de l'étape! Et il fallait faire vite car la table d'Eric était dévalisées quelques minutes après l'ouverture par son club de fans!

 

Eric présentait à ce salon un nouveau modèle, le Frelon, il s'agit d'un robuste couteau à pompe arrière avec des platines en titane.

Trois des quatre exemplaires étaient habillés de plaquettes en bois, j'ai hérité du modèle nu:

 

Parmentier 06 Frelon A

 

 Les épaisses platines en titane sont décorées par des sillons sculptés dans le titane

 

Parmentier 06 Frelon D

 

Ce couteau est prévu pour être porté clipsé sur le bord de la poche, mais son poids relativement léger du fait de l'utilisation de titane le rends tout à fait portable en fond de poche.

Comme d'habitude la précision des ajustages est excellente.

 

 

Stéphanie Mottais

 

Après ce couteau particulièrement viril, je me suis rafraîchi l'esprit sur la table de Stéphanie Mottais, coutelière ariégeoise, qui était venu présenter ses oeuvres Outre-Quiévrain!

 

Je lorgnais depuis quelques temps sur un de ses modèles phare, le Serpentaire. J'en ai trouvé un splendide exemplaire sur sa table:

 

Mottais Stephanie 01 Serpentaire E

 

 Malgré un air de piémontais, il s'agit liner-lock.

La lame damas est réalisée par le forgeron allemand Mickael Schick. Les mitres sont en ébène et les plaquettes en palissandre, ces deux essences étant séparées par un intercalaire rouge du plus bel effet.

 

Mottais Stephanie 01 Serpentaire C

 

On peut apprécier ici l'élégance de la ligne de ce couteau fermé.

  

Mottais Stephanie 01 Serpentaire H

 

Ou voit ici enfin une vue de dessus, montrant la fausse pièce en corne de buffle, superbement guillochée.

 

Enfin une touche de douceur dans ce monde de brutes!

 

 

Manu Laplace

 

Encore lui! Les thiernois sont vraiment de grands voyageurs!

On trouve toujours sur sa table une version de son 1515 qui attire l'oeil et la main!

Comme d'habitude, je n'ai pas su résister et j'ai fait passer de la table de Manu à ma besace ce superbe couteau.

 

Laplace Manu 03 1515 B

 

Les mitres sont en os de tibia de buffle et les plaquettes en corne noire de buffle.

On appréciera l'assemblage tenon mortaise entre la mitre et la plaquettes, mis en évidence par la transparence de la corne quand elle s'amincit. 

 

Ce salon de Gembloux est un des rares auquel Dame Guenièvre m'ait accompagné. C'était en fait une très mauvaise idée!

Elle aussi a repéré sur la table de Manu un 1515 version small qui lui plaisait, mais ce n'était quand même pas exactement ça!

Manu a donc conseillé à mon épouse de faire un tour chez les marchands de fournitures présents au salon, pour trouver le matériau qui lui conviendrait parfaitement! Elle a effectivement trouvé une paire de plaquettes que Manu a prises en charge avec promesse de livraison par "rennes express" avant le passage du bonhomme en rouge!

Promesse tenue et voici le couteau de Manu dont le décor est conçu par Dame Guenièvre:

 

Laplace Manu 1515 small A

 

 Il s'agit donc d'un 1515 small avec plaquettes en molaire de mammouth montées sur vis dorées et lame en damasteel twist qui reprends le motif de la molaire. Et je ne parle pas du mammouth gravé à l'intérieur de la fausse piéce!

 

Bravo Manu pour ta disponibilité et ta ponctualité!

 

Stéphane Espi

 

L'ami Nonoche n'avait pas de table à Gembloux, mais il a profité du rassemblement pour faire des livraisons, évitant ainsi les alea de la poste!

 

Espi Stephane 02 Pi2 B

 

 Il s'agit d'un superbe piémontais avec lame en damas explosion de Daniel Vally et manche en loupe de hêtre teinté bleu sur platines en titane bleu guilloché.

 

Espi Stephane 02 Pi2 E

 

Vue du couteau fermé sur l'autre face.

Vous aurez peut être remarqué que j'adore les diverses essences de bois!

 

 

 

FELICITATIONS A NOS AMIS BELGES POUR LEUR ACCUEIL ET L'EXCELLENTE ORGANISATION DE CE SALON!

 

28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 14:01

Comme tous les ans à cette période, des couteliers du monde entier se retrouvent à Paris pour assouvir la soif des collectionneurs!

Cette année encore cette prestigieuse réunion se tenait dans les salons de la Mutualité.

L'événement était particulièrement important cette année puisqu'il s'agissait du vingtième anniversaire de cette manifestation!

 

J'ai fait des acquisitions chez les couteliers suivants:

 

 

Koji Hara

 

Ce très célèbre coutelier japonais produit des couteaux au design très contemporain, mais j'avais repéré sur son site un couteau, certes moderne, mais inspiré d'un petit couteau traditionnel japonais connu sous le nom de higonokami (voir mon article sur les couteaux à manche en tôle repliée). C'est ce couteau que j'ai eu le bonheur de trouver sur sa table et que je me suis empressé d'acheter!

 

Koji Hara 01 C

 

Ce couteau est ce que nous appelerions un piémontais (lame libre sur son axe, sans système de blocage) 

Ici la lame en sanmai (sandwich) simple est remplacée par une lame plus complexe avec coeur en acier moderne VG10, les flancs en acier doux étant ici remplacés par un damas de nickel et d'inox 420. La forme de la lame d'origine (tanto inversé) a aussi été modifiée pour avoir un style plus européen.

Le manche en tôle de laiton est remplacé ici par deux plaques de shibu ichi, coulées, sculptées et réunies par un intercalaire en inox poli (d'où les trois rivets en haut du manche).

Le shibu ichi est un alliage typiquement japonnais normalement constitué de 75% de cuivre et de 25% d'argent. Ici la formule est un peu différente: pour bien faire Koji Hara utilise un mélange de 70% de cuivre, 25% d'argent et 5% d'or!

Le manche est sculpté en forme de tige de bambou et satiné en long. La photo ne peut reproduire la spendeur de l'effet obtenu et les reflets du shibu ichi.

 

Koji Hara 01 F

 

C'est fermé que ce couteau est le plus proche du modèle original, la lentille prolongeant le dessus de la lame étant conforme à celle de l'higonokami.

 

 

Eric Parmentier

 

Ce coutelier belge est un fidèle des salons français et sa table est réguliérement pillée dans les premiéres minutes de l'ouverture du salon. Cette année j'ai pu acquérir un modèle appelé Ripaille.

 

Parmentier 05 Le Ripaille A

 

Le système de ce couteau est le cran forcé, la lame est en niolox et les plaquettes du manche en bouleau madré teinté.

 

Parmentier 05 Le Ripaille C

 

 Admirez la ligne superbe de ce couteau fermé et la texture du bois!

 

 

Parmentier 05 Le Ripaille G

 

Pour ne rien gâcher, Eric a réalisé un guillochage sur une partie du ressort. 

 

 

Richard Ciachera

 

J'avais déjà un greffoir en bocote, cette année j'en ai trouvé un en gaiac!

 

Ciachera Richard 03 Greffoir gaiac A

 

 Il s'agit d'un petit couteau simple, de type piémontais, très léger et agréable à porter en poche.

 

 

Manu Laplace

 

Le modèle de base de ce coutelier est le 1515, mais, en restant fidèle à la forme,les déclinaisons sont infinies en jouant sur les matériaux.

 

Laplace Manu 02 1515 Lakota A

 

J'ai choisi une version inspirée de la tradition des indiens lakota.

Les plaquettes du manche sont en os e buffle brûlé et gravé de motifs de cette tribu.

 

 

Laplace Manu 02 1515 Lakota B

 

Couteau fermé permettant d'apprécier la texture de l'os brûlé et la gravure. 

 

Laplace Manu 02 1515 Lakota G

 

Décor de la fausse pièce, mêlant motifs indiens, pierre de turquoise et guillochage thiernois!

Notez la petite plume gravée sur l'extrémité arrière de la lame!

 

 Manu n'oublie jamais de rapeller qu'il est petit-fils de Gaston Cognet, le créateur du Douk-douk!

A l'occasion du vingtiéme anniversaire du Sicac, il  a fait faire une série spéciale du Douk-douk comportant une lame de type sheep-foot et une gravure commémorative:

 

Cognet 03 Douk Douk Sheepfoot C

Ce couteau était offert par Manu à ses clients. 

 

 

Ce sera tout pour aujourd'hui!

Et longue vie au SICAC!

 

 

28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 11:35


Je vous propose une revue des couteaux de ma collection dont le manche est constitué d'une tôle repliée.
Le couteau de ce type qui vient immédiatement à l'esprit d'un  français amateur de couteaux est de fameux Douk Douk de Cognet.
Il existe cependant bien d'autres couteaux de ce type et nous découvrirons que la version la plus ancienne que je connaisse est allemande.
Nous commencerons notre rubrique par cet ancêtre.

1) LE MERCATOR ALLEMAND



Ce couteau aurait été créé en 1867 par la société Heinrich Kaufmann & Söhne à Solingen. Sa fabrication est reprise depuis 1995 par la société Otter Messer de Rainer Morsbach, toujours à Solingen.
Par définition, pour figurer dans cet article, le manche de ce couteau est une tôle repliée. Elle est laquée en noir.
Ce couteau comporte un système de blocage de la lame selon le principe de la pompe avant. Le point d'appui sur le levier de déblocage apparait en général dans une echancrure du dos du manche. Ici, pour simplifier la fabrication du manche, il été pris le parti de faire émerger franchement la queue de ce levier.
Ce couteau comporte en fait six piéces: manche, lame, ressort, levier, butée en plastique recevant la pointe de lame en position fermé et une béliére. Il faut quatre rivets pour assembler l'ensemble des piéces.
La lame est en acier carbone C75. Il existe toutefois des versions avec lame en acier inox.


La version présentée ci dessus est la version Mercator Katze, dont le manche est décoré d'une silhouette de chat estampée dans la tôle et rehaussée de peinture dorée. Elle est complétée par le symbole K55K (le dernier K étant en fait imprimé à l'envers, symétriquement au premier).
Je n'ai pas trouvé l'origine de ce symbole.


2) L'HIGONOKAMI JAPONAIS



Il s'agit d'un couteau d'aspect très simple, voire rustique. Il comporte deux piéces (lame et manche) assemblées par le rivet de l'axe de la lame. Ce rivet en acier porte sur deux rondelles de laiton.
Le manche est constitué d'une tôle de laiton repliée.Ce couteau ne comporte aucun système de blocage (système un clou à friction) et, vu de chez nous, il s'agirait d'un piémontais, La lame est maintenue en position ouverte par un appui du pouce sur la lentille (extrémité recourbée de la lame coté axe).


Cette lentille sert par ailleurs à ouvrir le couteau. En effet, couteau fermé, la lame est innaccessible et ne peut se manipuler que par la lentille. La friction assez forte entre lame et manche assure le maintien de la lame en place couteau fermé.

L'aspect rustique du couteau pourrait faire oublier que les artisans japonnais sont de remarquables forgerons.
La lame de ces couteaux est en effet constituée d'un sandwich de deux aciers (sanmai) un acier dur, assurant la coupe, étant enserré par deux flancs en acier plus doux qui assurent la solidité de la lame.

Historiquement, ce couteau serait apparu en 1896, quand les forgerons japonais se sont vu interdire la fabrication des fameux sabres. Le nom Higonokami (Seigneur de Higo) aurait été déposé par une confrérie de forgerons de Miki en 1907. A ce jour il ne reste qu'un artisan faisant partie de cette confrérie: il s'agit de Motosuke Nagao qui est le fabricant du couteau présenté ici. Seuls ses couteaux ont droit à l'appellation Higonokami.
Il existe cependant d'autres fabricants qui élaborent des couteaux de ce type qui portent souvent un nom parodiant Higonokami.

Pour en revenir au couteau présenté, le poinçon sur la lame indique sa constitution et la qualité des aciers employés.
Les idéogrammes estampés sur le manche en laiton indiquent le nom et titre de l'artisan qui a réalisé ce couteau.
Une réplique courante porte sur le manche une représentation du célèbre samourai Musashi.


3) LE DOUK DOUK



Ce couteau bien connu a été créé par COGNET en 1929, donc très postérieurement aux deux premiers examinés.
Il s'agit d'un couteau doté d'un système de cran plat, de construction plus simple que le Mercator, mais plus complexe que l'higonokami.
Ce couteau comporte quatre piéces: manche, lame, ressort et béliére. Il est assemblé par quatre rivets.
A l'origine la lame etait en acier carbone, de même type que celui du Mercator. Le modéle présenté ci dessus est en acier inox 440.



Le motif du Douk Douk, estampé sur la tôle noircie du manche, correspond à un esprit de la forêt dans la culture mélanésienne. Ce motif avait été trouvé par Cognet dans le Petit Larousse!
La lame reçoit une décoration gravée à l'eau forte.

4) COUTEAU DU RAJASTAN



 Ce couteau trouvé sur un marché du Rajastan est un pur produit d'une petite industrie indienne.
Ce couteau de fabrication très rustique est en fait de structure assez complexe:


La lame coulisse dans le manche qui est constitué de quatre éléments de laiton replié, articulés.
Ce couteau comporte six piéces: lame, quatre éléments constituant le manche, une coulisse en bronze moulé, un étrier de blocage du manche, également en bronze moulé.
Ces éléments sont assemblés par sept rivets.
La lame est en acier carbone de qualité non précisée, mais assurement très médiocre!


Voici une vue du couteau fermé.
Il s'agit donc bien d'un couteau fermant, à manche en tôle repliée, de conception astucieuse mais de fabrication très médiocre.

5) COUTEAUX MODERNES SUR LE MEME PRINCIPE

5-1) "Higonokami" d'Alexandre Federbe


 
Cet artisan français, très marqué par le Japon, produit des couteaux de type higonokami, qui ne peuvent cependant revendiquer ouvertement ce nom.
Le principe est le même, le couteau ne comportant que deux piéces: lame et manche.
La lame n'est cependant pas un sandwich sanmai mais une lame en acier carbone XC75. Cette lame a reçu un revêtement partiel en cuivre et une patine noire.

Le manche en cuivre a reçu un habillage en galuchat blanc du plus bel effet.
Les simples rondelles sur l'axe de la lame ont été remplacés par des rosaces.


5-2) Douk Douk Damas de J.P. Veysseyrre



Il s'agit du résultat d'une colaboration entre J.P. Veysseyre et Pierre Cognet.
J.P. Veysseyrre à forgé le damas et entiérement fabriqué la lame en damas à tranchant rapporté.
C'est Pierre Cognet qui à plié la tole du manche et de la béliére et qui a fait l'assemblage final.
Ce couteau ne peut recevoir l'estampage du Douk Douk sur le manche, ni le décor floral sur la lame.
Il s'agit cependant d'un authentique Douk Douk!



5-3) Le D6 d'Alain Descy



Il s'agit d'un couteau moderne issu de l'imagination féconde d'Alain Descy.
Le manche est bien entendu une tôle repliée qui est ici habillée de plaquettes en palissandre.
La grande particuliarité de ce couteau réside dans le système de blocage de la lame qui se fait par le curseur visible sur le dessus du manche. Ce curseur coulisse le long du manche, poussé vers l'avant par un ressort. Le déblocage du couteau se fait en tirant le curseur vers l'arriére.
La lame de ce couteau est en acier semi inoxydable D2.

5-4) Le tri folder de Pietro Beretta

 

Il s'agit d'un couteau dont le manche en tôle pliée est composé de deux éléments:



La lame se replie à l'intérieur de la coquille formée par les deux éléments du manche.
Noter sur ce couteau que le fil de la lame est à l'intérieur du triangle. Quand le couteau est ouvert la lame se bloque en toute sécurité sur la traverse basse.
Fred Perin a pour sa part conçu un couteau de même type mais dont le fil est à l'extérieur du triangle. Ceci correspond à la possibilité de "flipper" ce couteau comme un balisong, mais présente une moindre sécurité vis à vis de la stabilité de la lame qui risque de se refermer si le manche n'est pas tenu fermement pendant la coupe.

5-5) Le Zig de Mickael Moing



Il s'agit encore d'un couteau dont le manche est constitué d'une tôle. Il est ici habillé de plaquettes de fer et décoré de divers clous en cuivre, laiton et maillechort.
La particularité de ce couteau à système cran forcé est que le ressort est en fait constitué par une découpe dans le repli de la tôle constituant le manche.



Cette vue rapprochée montre bien le ressort découpé prés du repli de la tôle.


6) CONCLUSION

Je vous ai présenté une série de couteaux d'origines très variées aussi bien dans le temps que dans l'espace.
Le seul point commun de ces couteaux est que dans tous les cas le manche est constitué d'éléments de tôle repliés.
Les mécanismes vont du plus simple (higonokami, système piémontais à un clou) au plus sophistiqué (D6 d'Alain Descy qui présente un système de blocage par curseur).



L'IMAGINATION DES COUTELIERS, SOUS TOUTES LES LATITUDES, EST TOUJOURS DEBORDANTE!
C'EST POUR CELA QUE L'ON DEVIENT COLLECTIONNEUR DE COUTEAUX!



5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 17:38

Comme tous les ans, c'est dans la capitale de la coutellerie que l'on rencontre les meilleurs artisans et des hordes d'amateurs assoifés de ferailles diverses!

C'est tout d'abord l'occasion de récupérer auprés d'autres forumeurs des couteaux qui font l'objet d'échanges ou de reventes.
C'est ainsi que j'ai pu acquérir un couteau issu de la colaboration entre un forgeron bien connu J.P. Veysseyre et un industriel P. Cognet:

Tout le monde aura bien entendu reconnu le fameux Douk Douk, fabriqué par la maison Cognet depuis 1927.
Petit détail quand même, qui distingue le couteau ci dessus du célèbre couteau de brousse: celui ci est entiérement en damas!
Le damas acier-nickel a été forgé par J.P. Veysseyre qui a également entiérement réalisé et signé la lame, la mise en forme de la tole constituant le manche et la béliére et l'assemblage final étant réalisés par Pierre Cognet.
C'est Jean Pierre Veysseyre, présent sur le salon comme tous les ans, qui m'a donné ces explications.

A titre de comparaison, voilà le douk douk des villes en compagnie de son aieul, le douk douk de brousse.
La géométrie des deux couteaux est rigoureusement la même. Le douk douk damas ne porte bien entendu pas le marquage classique de l'original qui aurait été difficile à réaliser et disgracieux sur le damas.

Venons en à mes acquisitions directes sur le salon:

1) Les artisans

1-1) Alexandre Federbe
Cet artisan est spécialisé dans les couteaux japonisants. Je ne lui avais jamais rien acheté, le tort est désormais réparé avec ce superbe higonokami:

Le manche de couteau est comme celui du douk douk formé d'une tole repliée, mais c'est vraiment le seul point de convergence. En effet ce couteau est de type piémontais (lame sans blocage avec une lentille sur le talon de la lame) alors que le douk douk est un système à cran plat, un ressort étant monté dans le pli de la tole formant le manche.
Ici le manche est en cuivre habillé d'un beau galuchat blanc qui assure une prise sans risque de glissement!
La lame forgée en acier français est revétue de cuivre lié à l'acier par une fusion du cuivre.

Cette photo montre bien l'état de surface du galuchat, une vraie rape! Admirer aussi le travail décoratif sur la rondelle.
On voit aussi la lentille qui permet l'ouverture du couteau et le maintien de celui ci ouvert par appui du pouce sur le dessus du manche.

1-2) Atelier du Lotus
Franck Thomas et son fils étaient venus de leur montagne corse avec une superbe collection de couteaux ..... corses, bien entendu.
Il s'agit cependant de productions luxueuses qui n'ont plus qu'un rapport lointain avec le modeste corniciulu du berger corse!
 Le manche est bien entendu une corne de bélier dont la texture superbe a été préservée lors du façonage du manche, mais la lame est en damas. Le dessus de la lame est partiellement guilloché et un petit diamant y a même été rapporté, ce qui rompt définitivement le coté rustique!

1-3) Mickael Moing, Souris informatique
Ce jeune artisan s'est fait une spécialisé de donner un aspect animalier à ses couteaux. Aprés lui avoir acheté un éléphant rose, j'ai trouvé cette année sur sa table une souris verte!

Cette "souris informatique" posséde des flancs en circuit imprimé. Mickael m'a cependant avoué que ce circuit ne provenait pas d'une véritable souris. La Société de Protection des Animaux peut donc être rassurée: Aucun animal n'a été maltraité pour la réalisation de ce couteau!
J'aime beaucoup la petite queue forgée dans le prolongement de l'intercalaire en acier. Noter aussi les petites oreilles en cuivre. L'oeil et la bouche sont également marqués sur la lame.

1-4) David Lespect
Un autre jeune artisan qui travaille dans un style plus traditionel! Sa production évolue cependant vers des couteaux plus techniques. Aprés lui avoir acheté l'année derniére un piémontais à platines titane et plaquettes en ivoire de mamouth, je lui ai acheté cette année un grand couteau frame lock, à platines en titane sablé, avec plaquettes partielles en bois de cerf.

Les plaquettes en bois de cerf assurent une excellente prise en main de ce couteau, dont le modèle sans plaquettes ne me convenait pas (manche trop mince pour moi)
On perçoit d'aprés le reflet sur le fil de la lame que David maitrise parfaitement l'affutage ogival de ses lames!

Le même fermé.

1-5) Patt, Le Rigolo
Cet artisan m'a fourni un joli petit couteau de type greffoir qui a baptisé Le Rigolo.
C'est vrai qu'avec sa forme de lame très particuliére, ce couteau a une drôle de touche!
Comme sur le couteau précédent que j'avais acheté à cet artisan, la lame est un sandwich avec coeur en acier moderne et flancs en vieux fers pour le coté rustique.

Même fermé, sa forme interpelle!

1-6) Eric Parmentier, Le Diabolo
Comme tous les ans Eric était présent avec sa charmante épouse Véronique, venus de leur lointaine Belgique.
Jusqu'alors j'avais acheté à Eric des couteaux habillés de bois variés toujours sélectionnés pour leur aspect spectaculaire.
Cette année je me suis laissé tenter par un modèle résolument moderne, avec platines en titane sablé.
Comme toujours la lame est en Niolox. Le système de blocage est le piston amorti inventé par Eric. Un ressort dans un tube pousse le curseur qui vient bloquer la lame.

Pour fermer le couteau, il faut libérer la lame en tirant le curseur vers l'arriére.

1-7) Alain Valette, Eclat et A.Tension
Encore un grand malade qui est incapable de faire deux fois le même couteau!
Cette année Alain était venu en force, avec Madame et ses deux filles!
La grande spécialité d'Alain est l'Eclat. Sur une base d'un couteau à friction de forme générale parfaitement définie, les variations dans la décoration sont infinies.
Cette année j'ai craqué pour l'Eclat 14-2006:
Sur des platines en titane anodisé et finement gravé, a été rapportée une bagette en acier "ficelée" par une tresse en argent.
La finesse des détails est hallucinante! Il faut vraiment regarder à la loupe!

Des gravures super fines simulent un craquelement de l'acier sous la pression de la corde d'argent!

Je me suis aussi fait piéger par un prototype d'un couteau appelé A.Tension

Il s'agit d'un couteau à cran forcé dont la singularité est que le ressort est extérieur aux platines et non comme d'habitude, dans le dos du manche.
On voit sur cette photo un des deux ressorts à boudin dont la tension se repporte au dos de la lame par un cable d'acier et une poulie.
On voit ici l'intercalaire soulevé par le talon de la lame et tiré vers le bas par le câble.
La tension du cable peut par ailleurs être renforcée par un passage du cable sur la poulie intermédiaire à droite de la photo.
Vous pouvez ici admirer le travail de ciselure sur les visseries et le bouchonnage sur les platines en titane.
Alain Valette est vraiment un fou du détail!


2) Les petits industriels

2-1) Atelier Perceval, L10 et "Le Grand"
L'atelier Perceval n'était pas présent à Coutellia mais avait organisé une journée portes ouvertes dans ses nouveaux locaux.
C'était l'occasion de tester les couteaux de cet atelier sur un superbe jambon et un excellent fromage mis à disposition des visiteurs à cet effet!
Outre ce casse croute sérieux, il y avait bien entendu des couteaux!
L'année derniére j'avais acquis un des couteaux de la présérie de 12 du nouveau modèle, le L10.
Cette année j'avais commandé un couteau de la production en cours, habillé de plaquettes en gaïac.
 
Le couteau de l'année derniére (en bas, habillé d'ébène du Mozambique) était le modèle liner lock, le couteau acheté cette année comporte en outre une lentille qui lui donne un petit air de piémontais, alors qu'il s'agit bien d'un liner lock. Cette lentille permet une ouverture du couteau d'une main.

Cette année aussi il y avait du prototype dans l'air:
Il s'agit d'un couteau, de type liner lock, mais dont la longueur ouverte est de 24 cm:  d'où son petit nom "Le Grand" qu'il n'a vraiment pas volé!
Ce couteau est inspiré d'un modèle du 18éme siécle et il utilise des matériaux de luxe et des finitions rafinées.
Le couteau que j'ai acheté est le n°2 d'une premiére série de quatre.

Les plaquettes sont en bois de cerf sambar, réputé pour la qualité de son grain. 

Le ressort est entiérement guilloché par Roland Lannier et les platines sont partiellement guillochées.
Noter l'intercalaire rouge entre les platines et les plaquettes.
Je souhaite une longue vie à cette nouvelle série qui confirme le savoir faire de l'Atelier Perceval.


Vous avez donc pu visualiser ici le résultat d'une journée de délire sur cet excellent salon qu'est Coutellia à Thiers.
Outre des couteliers tous aussi sympathiques et compétents les uns que les autres, les contacts avec les autres collectionneurs sont toujours aussi passionnants!