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La collection d'un passioné de couteaux

Divers

Vendredi 26 mai 2006

A l'occasion de mon récent départ en retraite mes collègues, connaissant mes vices, ne se sont pas posé longtemps la question de la nature du cadeau qu'ils voulaient me faire.

Il s'agissait bien entendu d'un couteau!

Non, de deux couteaux!!

Et pour bien faire ils se sont rendus où l'on trouve "Les plus beaux couteaux de Paris", les connaisseurs auront reconnu une célébre boutique avenue de l'Opéra à Paris.

Le premier est un superbe couteau High Tech de Captain Koyama. Malgré un nom à consonnance japonaise, il s'agit d'un coutelier américain, ancien officier de l'US Navy.

Les platines sont en titane anodisé et les plaquettes sont en fibre de carbone.

Outre son look très moderne ce couteau présente un mécanisme de blocage de la lame tout à fait original. Le déblocage se fait en faisant pivoter la partie anodisé en jaune sur un axe invisible, ceci souléve le ressort au dos du manche et libére la lame.

 

Ce couteau est tout aussi élégant fermé qu'ouvert, ce qui est assez rare.

Cette derniére photo montre le détail du mécanisme d'ouverture. C'est la partie anodisée en jaune qui se manipule par une poussée vers le bas du bouton gris. La rotation se fait selon l'arc de cercle entre la "tête du poisson" et la plaquette en fibre de carbone. Il est pratiquement impossible de deviner le fonctionnement du mécanisme et donc d'ouvrir le couteau, si on ne le connait pas!

Cette photo montre aussi un joli travail de guillochage, cette opération est particuliérement difficile à réaliser sur le titane qui est un métal léger mais très dur.

Dans sa signature Captain Koyama a fait figurer ses galons!

Merci à tous mes collègues pour ce splendide cadeau!

Le second cadeau est un pliant élaboré par la firme américaine Lone Wolf qui est spécialisée dans les petites séries de couteaux de haute qualité sur la base de prototypes de grands couteliers américains.

Dans le cas présent il s'agit d'une collaboration avec Paul W. Poehlmann, connu sous le nom de PAUL.

PAUL est connu pour la précision des ses ajustages qui font de ses couteaux quasiment des piéces d'horlogerie. Lone Wolf a parfaitement respecté cette qualité.

Ce couteau d'aspect assez classique comporte des platines acier habillées de plaquettes en loupe de bruyére et une lame finement sablée, il présente cependant une particularité au niveau du mécanisme.

Le systéme de blocage est tout à fait particulier, il s'agit d'un mécanisme "axial locking" qui comporte un verrou concentrique à l'axe de rotation de la lame. Il se manipule par une pression sur le bouton dans l'axe de celle ci. Ce système est d'un fonctionnement très agréable et bloque la lame en position ouverte aussi bien que fermée.

Ces photos représentent la signature du coutelier, sur la lame, et le logo de la firme qui a fabriqué le couteau, sur le cabochon masquant le mécanisme.

Ces couteaux seront un rappel permanent de l'amitié des mes collègues avec qui j'ai passé de nombreuses années dans une ambiance toujours cordiale.

Encore un grand merci à toutes et tous!

 

 

Par Patrick
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Lundi 28 avril 2008


Je vous propose ci dessous une revue de quelques uns des bois que l'on peut trouver sur mes couteaux.
Par simplicité je vous les propose dans l'ordres alphabétique, avec quelques indications sur le couteau correspondant.



Acacia, Coutellerie du Rouergue
Aloha, Richard Ciachera

Bocote, greffoir de Richard Ciachera


Bois de fer d'Arizona
, Le Français de Perceval



Bois de serpent, Le Français de Perceval


Bouleau, petit pukoo de Lauri Tuotteet



 Buis, Nontron classique



Red Cherry burl
, loupe de cerisier, pliant de Gurganus


Cocobolo, Yom de G Allemand


Ebène et loupe de bruyére
, 1515 de Manu Laplace 


Ebène et pernambouc, couteau de Claude Lory



Ebène du Mozambique et ébène de Macassar, L10 et Le Français de Perceval


Loupe d'eucalyptus, Urbanica Grande Eric Parmentier


Hêtre, Opinel n° 9, le grand classique


Juniperus, en provenance de Versailles, Alain Vialis


Loupe d'amboine
, Eric Parmentier, Le Dodu


Loupe de bruyére
, Benoit Mijoule, Laguiole Le Tribal


Loupe de cognassier de Chine, Red Quince, Fällkniven TK3

Noyer, OCERM, cornuciolu

Olivier, Michael Trocherie, Le Gracile


Loupe d'orme, Stephane Espi


Padouk d'Asie, Citadel, Buddy small red

 Palissandre, Alain Descy, D6


Peuplier
, Pierre Fléche

Pistachier, pliant de J.P. Veysseyre


Satiné rubané, Mékilékon d'Alain Valette


Séquoia Redwood, L'Explorateur d'Eric Parmentier

Sneeze wood, pliant de Des Horn

Loupe de thuya, Gilles, Yssingeaux

Wenge, Le Périgord


Voilà donc quelques unes des essences que j'ai trouvées sur les manches des couteaux de ma collection.

Le bois est vraiment un matériau extraordinaire par sa beauté et sa variété.
Par Patrick
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Vendredi 28 août 2009

Je vous propose une revue des couteaux de ma collection dont le manche est constitué d'une tôle repliée.
Le couteau de ce type qui vient immédiatement à l'esprit d'un  français amateur de couteaux est de fameux Douk Douk de Cognet.
Il existe cependant bien d'autres couteaux de ce type et nous découvrirons que la version la plus ancienne que je connaisse est allemand.
Nous commencerons notre rubrique par cet ancêtre.

1) LE MERCATOR ALLEMAND



Ce couteau aurait été créé en 1867 par la société Heinrich Kaufmann & Söhne à Solingen. Sa fabrication est reprise depuis 1995 par la société Otter Messer de Rainer Morsbach, toujours à Solingen.
Par définition, pour figurer dans cet article, le manche de ce couteau est une tôle repliée. Elle est laquée en noir.
Ce couteau comporte un système de blocage de la lame selon le principe de la pompe avant. Le point d'appui sur le levier de déblocage apparait en général dans une echancrure du dos du manche. Ici, pour simplifier la fabrication du manche, il été pris le parti de faire émerger franchement la queue de ce levier.
Ce couteau comporte en fait six piéces: manche, lame, ressort, levier, butée en plastique recevant la pointe de lame en position fermé et une béliére. Il faut quatre rivets pour assembler l'ensemble des piéces.
La lame est en acier carbone C75. Il existe toutefois des versions avec lame en acier inox.


La version présentée ci dessus est la version Mercator Katze, dont le manche est décoré d'une silhouette de chat estampée dans la tôle et rehaussée de peinture dorée. Elle est complétée par le symbole K55K (le dernier K étant en fait imprimé à l'envers, symétriquement au premier).
Je n'ai pas trouvé l'origine de ce symbole.


2) L'HIGONOKAMI JAPONAIS



Il s'agit d'un couteau d'aspect très simple, voire rustique. Il comporte deux piéces (lame et manche) assemblées par le rivet de l'axe de la lame. Ce rivet en acier porte sur deux rondelles de laiton.
Le manche est constitué d'une tôle de laiton repliée.Ce couteau ne comporte aucun système de blocage (système un clou à friction) et, vu de chez nous, il s'agirait d'un piémontais, La lame est maintenue en position ouverte par un appui du pouce sur la lentille (extrémité recourbée de la lame coté axe).


Cette lentille sert par ailleurs à ouvrir le couteau. En effet, couteau fermé, la lame est innaccessible et ne peut se manipuler que par la lentille. La friction assez forte entre lame et manche assure le maintien de la lame en place couteau fermé.

L'aspect rustique du couteau pourrait faire oublier que les artisans japonnais sont de remarquables forgerons.
La lame de ces couteaux est en effet constituée d'un sandwich de deux aciers (sanmai) un acier dur, assurant la coupe, étant enserré par deux flancs en acier plus doux qui assurent la solidité de la lame.

Historiquement, ce couteau serait apparu en 1896, quand les forgerons japonais se sont vu interdire la fabrication des fameux sabres. Le nom Higonokami (Seigneur de Higo) aurait été déposé par une confrérie de forgerons de Miki en 1907. A ce jour il ne reste qu'un artisan faisant partie de cette confrérie: il s'agit de Motosuke Nagao qui est le fabricant du couteau présenté ici. Seuls ses couteaux ont droit à l'appellation Higonokami.
Il existe cependant d'autres fabricants qui élaborent des couteaux de ce type qui portent souvent un nom parodiant Higonokami.

Pour en revenir au couteau présenté, le poinçon sur la lame indique sa constitution et la qualité des aciers employés.
Les idéogrammes estampés sur le manche en laiton indiquent le nom et titre de l'artisan qui a réalisé ce couteau.
Une réplique courante porte sur le manche une représentation du célèbre samourai Musashi.


3) LE DOUK DOUK



Ce couteau bien connu a été créé par COGNET en 1929, donc très postérieurement aux deux premiers examinés.
Il s'agit d'un couteau doté d'un système de cran plat, de construction plus simple que le Mercator, mais plus complexe que l'higonokami.
Ce couteau comporte quatre piéces: manche, lame, ressort et béliére. Il est assemblé par quatre rivets.
A l'origine la lame etait en acier carbone, de même type que celui du Mercator. Le modéle présenté ci dessus est en acier inox 440.



Le motif du Douk Douk, estampé sur la tôle noircie du manche, correspond à un esprit de la forêt dans la culture mélanésienne. Ce motif avait été trouvé par Cognet dans le Petit Larousse!
La lame reçoit une décoration gravée à l'eau forte.

4) COUTEAU DU RAJASTAN



 Ce couteau trouvé sur un marché du Rajastan est un pur produit d'une petite industrie indienne.
Ce couteau de fabrication très rustique est en fait de structure assez complexe:


La lame coulisse dans le manche qui est constitué de quatre éléments de laiton replié, articulés.
Ce couteau comporte six piéces: lame, quatre éléments constituant le manche, une coulisse en bronze moulé, un étrier de blocage du manche, également en bronze moulé.
Ces éléments sont assemblés par sept rivets.
La lame est en acier carbone de qualité non précisée, mais assurement très médiocre!


Voici une vue du couteau fermé.
Il s'agit donc bien d'un couteau fermant, à manche en tôle repliée, de conception astucieuse mais de fabrication très médiocre.

5) COUTEAUX MODERNES SUR LE MEME PRINCIPE

5-1) "Higonokami" d'Alexandre Federbe


 
Cet artisan français, très marqué par le Japon, produit des couteaux de type higonokami, qui ne peuvent cependant revendiquer ouvertement ce nom.
Le principe est le même, le couteau ne comportant que deux piéces: lame et manche.
La lame n'est cependant pas un sandwich sanmai mais une lame en acier carbone XC75. Cette lame a reçu un revêtement partiel en cuivre et une patine noire.

Le manche en cuivre a reçu un habillage en galuchat blanc du plus bel effet.
Les simples rondelles sur l'axe de la lame ont été remplacés par des rosaces.


5-2) Douk Douk Damas de J.P. Veysseyrre



Il s'agit du résultat d'une colaboration entre J.P. Veysseyre et Pierre Cognet.
J.P. Veysseyrre à forgé le damas et entiérement fabriqué la lame en damas à tranchant rapporté.
C'est Pierre Cognet qui à plié la tole du manche et de la béliére et qui a fait l'assemblage final.
Ce couteau ne peut recevoir l'estampage du Douk Douk sur le manche, ni le décor floral sur la lame.
Il s'agit cependant d'un authentique Douk Douk!



5-3) Le D6 d'Alain Descy



Il s'agit d'un couteau moderne issu de l'imagination féconde d'Alain Descy.
Le manche est bien entendu une tôle repliée qui est ici habillée de plaquettes en palissandre.
La grande particuliarité de ce couteau réside dans le système de blocage de la lame qui se fait par le curseur visible sur le dessus du manche. Ce curseur coulisse le long du manche, poussé vers l'avant par un ressort. Le déblocage du couteau se fait en tirant le curseur vers l'arriére.
La lame de ce couteau est en acier semi inoxydable D2.

5-4) Le tri folder de Pietro Beretta

 

Il s'agit d'un couteau dont le manche en tôle pliée est composé de deux éléments:



La lame se replie à l'intérieur de la coquille formée par les deux éléments du manche.
Noter sur ce couteau que le fil de la lame est à l'intérieur du triangle. Quand le couteau est ouvert la lame se bloque en toute sécurité sur la traverse basse.
Fred Perin a pour sa part conçu un couteau de même type mais dont le fil est à l'extérieur du triangle. Ceci correspond à la possibilité de "flipper" ce couteau comme un balisong, mais présente une moindre sécurité vis à vis de la stabilité de la lame qui risque de se refermer si le manche n'est pas tenu fermement pendant la coupe.

5-5) Le Zig de Mickael Moing



Il s'agit encore d'un couteau dont le manche est constitué d'une tôle. Il est ici habillé de plaquettes de fer et décoré de divers clous en cuivre, laiton et maillechort.
La particularité de ce couteau à système cran forcé est que le ressort est en fait constitué par une découpe dans le repli de la tôle constituant le repli.



Cette vue rapprochée montre bien le ressort découpé prés du repli de la tôle.


6) CONCLUSION

Je vous ai présenté une série de couteaux d'origines très variées aussi bien dans le temps que dans l'espace.
Le seul point commun de ces couteaux est que dans tous les cas le manche est constitué d'éléments de tôle repliés.
Les mécanismes vont du plus simple (higonokami, système piémontais à un clou) au plus sophistiqué (D6 d'Alain Descy qui présente un système de blocage par curseur).



L'IMAGINATION DES COUTELIERS, SOUS TOUTES LES LATITUDES, EST TOUJOURS DEBORDANTE!
C'EST POUR CELA QUE L'ON DEVIENT COLLECTIONNEUR DE COUTEAUX!



Par Lancelot
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