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La collection d'un passioné de couteaux

Manifestations

Mardi 23 août 2005

Tous les ans, début août se tient une fête du couteau à Nontron. Cette année la dixiéme édition s'est tenue les 6 et 7 août 2005.

En tant que collectionneur je devais bien entendu y assister, étant certain d'y trouver quelques piéces intéressantes. Vous verrez ci dessous mes derniéres acquisitions.

Cette charmante ville du Périgord Vert est un trés ancien centre de coutellerie, même s'il n'a pas la notoriété de Thiers ou de Laguiole.

La production type est un couteau à manche en buis pyrogravé, la lame fixée au manche par un simple rivet est maintenue en position ouverte par une virole. C'est un Opinel avant Opinel !!!

Couteau typique de Nontron
 
Ce couteau est très agréable car il est très léger.
 
 
Il existe bien entendu des versions plus luxueuses, faisant appel à des bois précieux tel le palissandre.
L'extrémité du manche, en forme de sabot peut être remplacée par une boule ou même une queue de carpe.
 
Nontron boule à manche en palissandre
 

Du fait de la couleur foncée du bois, le manche ne porte pas de pyrogravure.

 

Outre cette production typique de Nontron, la présence de nombreux couteliers venus de toute l'Europe permet bien entendu de trouver d'autre types de couteaux.

 

Un autre couteau de type régional, de création récente, est le Périgord.

Le Périgord
 
 

Ce joli couteau de style moderne est, comme son frère le Laguiole, un couteau à cran forcé, la lame étant maintenu ouverte par un ressort dans le dos du manche, ressort qu'il faut "forcer" pour fermer le couteau d'où le fameux claquement à la fermeture.

A ce sujet, ne faites jamais claquer un Laguiole dont le défaut congénital est que, en position fermé, la lame vient buter sur le ressort . Le claquement endommage irrémédiablement l'extrémité de la lame.

Ce défaut n'existe pas dans les couteaux modernes (Thiers, Périgord et autres) pour lesquels le réglage du talon de la lame empéche le contact entre la pointe et le ressort.

Le modéle ci dessus posséde des plaquettes en bois de Wengé. Il s'agit d'un bois africain foncé, veiné; trés dur.

 

J.P. Veysseyre, coutelier à Thiers était bien entendu venu en voisin, ce qui m'a parmis d'acheter mon dixiéme couteau à ce talentueux artisan.

 
 
 

 

J.P. Veysseyre est un as du damas dont il fait aussi bien des lames que des mitres.

Sur ce robuste mais splendide couteau à cran forcé il a monté une lame en damas et quatre mitres en damas mosaïque du plus bel effet. Merci JP pour tes superbes productions !!!

 

Manu Laplace est un autre thiernois qui travaille dans un style plus moderne. Il a créé un couteau intitulé 1515 qu'il produit avec différents types de manches et de lames.

Le système de fermeture est un liner lock, la lame étant bloquée en position ouverte par un ressort découpé dans la platine droite. La fermeture se fait d'une seule main en écrasant le ressort avec le pouce.

Je n'ai pu résister à ce magifique modéle dont les plaquettes sont en ébène et en loupe de bruyére, la lame étant un damas 144 couches torsadé trois fois.

1515
 
 
 

 Le principe du liner lock fait qu'il n'y a pas de ressort dans le dos du manche. On peut donc s'amuser à décorer l'intercalaire qui remplace le ressort avec des inserts de différentes matiéres, dont ici, en partant de la gauche: de l'os de girafe teinté, de l'ivoire de mamouth, de l'ivoire, de l'ébéne, de l'os de girafe et enfin de la corne de buffle !!!

Cette débauche de décorations ne permettant pas de procéder au guillochage de l'intercalaire à sa place normale, c'est la face intérieure de l'intercalaire qui a reçu cette décoration !!!

Enfin la derniére touche de distinction est apportée par la dorure à l'or fin des vis qui maintiennent les plaquettes en bois sur les platines en acier !!!

 

Guillaume Allemand est un artiste. Je dis bien artiste car la coutelerie n'est qu'une partie de son activité.

Couteau à virole moderne
 
 

 J'ai déjà cité parmis les système à virole le Nontron et l'Opinel, voici le YOM qui est une version modernisée et luxueuse de ce principe.

Il faut tout d'abord noter que ce couteau comporte deux mitres en laiton. Elles sont reliées par deux tiges filetées qui traversent le manche dans sa longueur, de part et d'autre de la lame.

La virole permet de bloquer la lame aussi bien en position ouverte que fermée.

Le manche est en cocobolo, magnifique bois amazonien à dominante rouge, fortement veiné.

Je vous invite à aller faire un tour sur le site de cet artiste: YOM

 

 Bruno Chaperon est un farfelu qui revisite un autre grand classique, l'inusable Opinel.

Mais il n'en conserve que la lame et le système de virole. Le manche est une superbe marquetterie de bois divers. Aucun couteau ne ressemble à son frére, il n'y a que des piéces uniques !!!

Opinel revisité
 
 

 

Il faut remarquer que ce modèle profite de la derniére innovation d'Opinel qui est la virole permettant de bloquer la lame aussi bien en position ouverte qu'en position fermée.

 

Claude Lory, un alsacien, m'a enfin donné le coup de grace avec un oeuvre qui tient autant de la coutellerie que de la sculpture.

Couteau ou sculpture?
 
 

Cette oeuvre est en fait un couteau techniquement très abouti et parfaitement ajusté.

Le système de blocage de la lame est un cran forcé dont le ressort n'est pas comme d'habitude dans le dessus du manche, mais ici dans chacune des platines. On peut dire qu'il s'agit d'un système liner lock double à cran forcé.

La lame et les mitres sont en damas produit industriellement par les Forges de Bompertuis, ce qui n'enléve rien à la très belle qualité de ce damas inox.

Les platines décoratives sont en marquetterie d'ébène et de pernambouc.

Les vis d'assemblage sont ciselées.

Bravo pour cet artiste que j'ai découvert à Nontron.

Il faut bien entendu aller visiter son site pour vérifier qu'il est autant sculpteur que coutelier: ClaudeLory

 

A l'année prochaine à Nontron !!!!

 

 

 

 

Par Patrick
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Lundi 28 avril 2008

Cette manifestation s'est tenue le samedi 5 avril 2008, à la Mutualité, à Paris

Il s'agit d'une réunion à laquelle participent des artisans, des marchands, des antiquaires spécialisés et des fournisseurs de matériaux.

C'est aussi l'occasion de rencontrer des membres de forums que l'on rencontre tous les jours sur Internet mais plus rarement dans la vraie vie!

C'est aussi l'occasion de compléter sa collection au gré des tables!

C'est ainsi que je suis sorti du salon, après une rude matinée, chargé de six nouveaux couteaux. Il s'agit de trois couteaux d'artisans et de trois couteaux industriels, qui manquaient cruellement à ma collection, trouvés à des prix salon.

1) COUTEAUX D'ARTISANS

1-1 Eric Parmentier

C'est un coutelier belge qui fréquente régulièrement nos salons. J'ai trouvé sur sa table un modèle appelé   Le Dodu. C'est un petit couteau habillé de superbes plaquettes en loupe d'amboine:


Admirez le superbe motif de la loupe d'amboine, dont la couleur est naturelle!

 1-2) Richard Ciachera

 Il s'agit d'un artisan français. J'avais trouvé sur sa table un superbe couteau avec des plaquettes en ivoire de mammouth montées sur des platines en titane anodisé! Quelques instants de réflexion en trop m'ont fait manquer cette pièce magnifique. Je me suis consolé en achetant un Greffoir avec une lame forgée avec trempe sélective et un manche en bois de bocote. Ce couteau est de type piémontais, sans ressort de maintien de la lame, celle ci présentant une petite "queue" visible sur la photo du bas.

                                                        Admirez encore le superbe veinage du bocote!

1-3) Jean Claude Laforêt

Un autre artisan français de la région thiernoise. Je lui ai acheté un grand Yatagan-Pradel dont les plaquettes sont en corne de grand koudou, dont la teinte rosée est naturelle. Ces plaquettes sont décorés de sculptures en forme de coquille et portent un petit insert en mosaïque métallique.


2) COUTEAUX INDUSTRIELS

2-1) Benchmade

J'ai trouvé auprés d'un revendeur deux couteaux dans des esprits très différents. Il s'agit à chaque fois de couteaux conçus par de grands couteliers américains et fabriqués en série par Benchmade.

Le Mini Dejavoo est un couteau d'aspect assez civilisé (gentleman folder?) habillé de plaquettes noires en G10 (matériau considéré comme noble). La lame est en acier S30V, issu de la métallurgie des poudres, qui est un des meilleurs aciers actuels. Le système de blocage de la lame est le liner-lock, la platine formant ressort étant en titane (l'autre étant, de façon assez mesquine, en acier). Ce couteau a été conçu par Bob LUM dont le logo figure sur l'autre coté de la lame. 

 Le Mini Skirmish a un aspect plus agressif. Le manche est en titane sablé, décoré d'un tourbillon. La lame est également en acier S30V, et le système de blocage est le frame lock, la partie arrière du manche, non habillé de plaquettes décoratives, formant ressort. Ce couteau a été conçu par Neil BLACKWOOD.


2-2) Fällkniven

Ce fabriquant suédois est connu pour la très haute qualité de ses productions et les performances de ces lames. Le modèle que je convoitais est un petit couteau pliant référencé TK3.

C'est un couteau d'aspect très classique mais qui possède une lame en acier sandwich, le coeur étant un acier SGPS (issu de la métallurgie des poudres) pris entre deux couches d'acier VG2. Ce sandwich porte le nom de G3. On distingue parfaitement sur la lame, la limite entre le coeur et les flancs.
La version que j'ai choisie est habillée de loupe de cognassier de Chine (Red quince) dont la texture est superbe.
Le système de blocage de la lame est une classique pompe centrale (ressort dont on voit le point de pression sur le dos du couteau)

 
Je suis un vrai fanatique des textures extraordinaires des diverses loupes!


Mon prochain délire coutelier sera le Festival du Couteau d'Art, à Thiers, les 17 et 18 mai 2008.

Je vous tiendrai au courant de mes découvertes!

Par Patrick
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Vendredi 30 mai 2008


Comme je vous l'avais promis, je vous présente ici mes derniers trésors acquis lors du salon COUTELLIA qui s'est tenu à Thiers.
Cet excellent salon est l'occasion de revoir des couteliers connus mais aussi de faire de nouvelles connaissances.
C'est aussi l'occasion de retrouver des forumeurs avec lesquels j'entretiens le reste du temps des joutes verbales virtuelles.

Je commencerai par les artisans:

1) Alain et Joris Chomiler
Il s'agit d'un duo père et fils qui présentent toujours des piéces remarquables. J'avais déjà acquis chez eux un superbe couteau dont la lame et le manche avaient été sculptés dans un même barreau d'acier damas.
Lors de ce salon, je me suis laissé tenter par une autre piéce exceptionnelle:


Il s'agit d'un couteau pliant, à système liner lock, platines en titane, lame damas et plaquettes en ivoire de mammouth comportant un insert de damas sur chaque face. L'entretoise qui porte la signature des couteliers est du même damas que la lame. Le montage de la lame est fait sur rondelles en bronze au beryllium.


Vous pouvez admirer ici le superbe motif du damas élaboré par le forgeron danois Poul Strande. Il faut préciser que la lame est en fait un sandwich avec un coeur en acier massif XC90 et que les deux flancs sont en acier damas acier - nickel pur assurant un très fort contraste. C'est la géométrie légérement ondulée de l'interface entre acier du coeur et damas des flancs qui conduit au motif visible ci dessus lors de l'émouture de la lame.


2) Bruno Duffort
C'était ma premiére rencontre avec ce coutelier qui ne se déplace pas en région parisienne!
C'est un spécialiste de l'ouest américain et toutes ses créations s'en ressentent! Il est difficile de trouver un couteau qui ne porte pas un insert en argent ou en turquoise!

 Mon premier achat chez ce coutelier est un couteau pliant de style piémontais dont les plaquettes sont en bois de cerf, la plaquette droite portant en insert une importante turquoise tirée de la mine de Red Mountain, dans le Nevada.
La lame en acier C70 (non inoxydable) est forgée et soumise à trempe sélective. Elle a par ailleurs été attaquée à l'acide pour révéler une texture légérement granuleuse du plus bel effet . Le motif en pointe de flèche sur la lame est la signature de Bruno Duffort.

Sur le couteau fermé on voit bien la lentille (queue de la lame) caractéristique des piémontais.


3) David Lespect
J'avais repéré sur la table de ce jeune professionnel un joli pliant piémontais avec des plaquettes en ivoire de mammouth. Ce couteau étant déjà vendu, David a bien voulu accepter ma commande pour un couteau dans le même esprit. Je viens donc de recevoir le couteaux ci dessous qui répond à toutes mes attentes:


Il s'agit d'un piémontais dont les platines sont en titane et les plaquettes en ivoire de mammouth.


On voit ici la lentille (appendice dans le prolongement du dos de la lame) qui permet la manipulation de la lame et son maintien en position ouverte. Admirez aussi la texture de la croute de défense de mammouth.


4) Mickael Moing
Il s'agit d'un jeune coutelier que je n'avais pas encore rencontré et dont je ne possédais aucun couteau. Il fallait bien réparer cette ommission!

Ce couteau, nommé le Zig, à l'aspect assez barbare, est en fait très original dans sa conception. Le manche est une tole pliée, dont la partie supérieure, prés du pli, est recoupée pour constituer le ressort du mécanisme à cran forcé.
Sur le manche sont fixées des plaquettes en fer martelé, elle même décorées, ainsi que la lame, de clous en cuivre, laiton et maillechort. La décoration de la lame et de l'entretoise est complétée par des torsades forgées, nommée ziguouiguoui par le coutelier, d'où le nom du couteau!.
Trés beau couteau pour qui aime le style Mad Max!


5) Philippe Mousseau
J'ai retrouvé avec plaisir ce spécialiste des couteaux droits forgés.


Je lui ai acheté un adorable petit couteau droit, de type deux doigts, dont la lame est faite dans un damas carbone random élaboré par Gary Headrick et dont la poignée est constituée de deux rondelles taillées dans la base d'un bois de chevreuil. Ce type de couteau se tient en plaçant l'index dans l'encoche au dessus de la piéce de un eurocent et le pouce sur la partie guillochée visible au dessus des découpes.


Ce petit couteau était accompagné d'un étui en peau de patte d'autruche. Il peut se porter au cou, mais j'ai préféré opter pour le port à la ceinture, les lacets passsant sous la ceinture et étant retenus par la superbe boule de cade qui est par ailleurs trés fortement odorante. Quand on porte ce couteau, on se croit dans le maquis!


6) Eric Parmentier

J'ai également retrouvé avec plaisir ce très aimable coutelier belge, toujours accompagné de sa non moins charmante épouse!



Le modèle que j'ai choisi sur sa table se nomme Urbanica Grande. Il s'agit d'un système piémontais. Comme toutes les productions d'Eric il est magnifiquement ajusté. J'ai choisi ce modèle particulier pour les plaquettes en superbe loupe d'eucalyptus.
Eric est vraiment très fort pour trouver des bois extraordinaires. (voir plus bas un autre de ses couteaux portant des plaquettes en loupe d'amboine, magnifique!)


7) Alain Valette

Enfin une rencontre avec ce grand artiste! Outre ses couteaux, sa table était aussi illuminée par le sourire de sa charmante fille! Eh oui, il n'y a pas que des couteaux dans un salon de coutellerie!



Alain Valette a créé le couteau baptisé Eclat. Sur une base commune (forme générale, mécanisme par friction) tous les Eclats sont différents dans leur décoration qui est trés variée.



Sur mon exemplaire (numéroté 9-2008) on notera une platine en titane partiellement anodisée, décorée par des éléments de damas retenant eux même des barres de maillechort. Une bille est fixée entre deux morceaux de damas. Noter aussi les billes serties dans l'intercalaire en inox visible en haut à gauche.
Vous comprenez maintenant pourquoi j'ai parlé d'artiste et non de coutelier! (ce qu'il est quand même!)


8) Jean Pierre Veysseyre
On retrouve toujours avec plaisir une vieille connaissance dont le style a fortement évolué au fil des ans.

Je me suis laissé séduire par un pliant à cran forcé qui cumule un superbe damas pour la lame, une mitre en damas mosaïque et des plaquettes en loupe de bois de fer de l'Arizona présentant une texture extraordinaire.
La lame damas comporte par ailleurs un tranchant rapporté d'un damas d'un autre motif, beaucoup plus fin.

Je poursuivrai avec des productions de petits industriels thiernois:

Ce terme de petit industriels vient simplement en opposition avec les entreprises qui produisent de très grandes séries de couteaux standardisés. Les entreprises citées ci dessous sont à taille humaine et sont particuliérement sensibilisées à la qualité. Elles peuvent produire des piéces uniques en utlisant des matériaux de qualité exceptionelle.


1) Atelier Perceval
Il s'agit d'un atelier de taille modeste puisque quatre personnes seulement y travaillent.
La gamme des modèles n'est pas très importante, mais le nombre des variantes autorisées par le choix des matériaux est immense.
Parmi les couteaux pliants, le modèle phare était Le Français.
Mais Roland Lannier a dévoilé à l'occasion du salon un nouveau modèle, le L10 dont j'ai pu acquérir un des douze premiers exemplaires.



Il s'agit d'un pliant à système liner lock, mais il existe aussi une variante en système piémontais.


Sur ce modèle les plaquettes sont en ébène du Mozambique.


Cette photo permet la comparaison entre le L10, en haut, et Le Français, en bas.
Les formes très sobres du Français ont été légérement adoucies sur le L10, la forme de la lame ayant été fortement modifiée (plus large, moins pointue)



Cette derniére photo permet de comparer les deux couteaux fermés et d'aprécier le veinage des bois, ébène du Mozambique pour le L10, en haut et ébène de Macassar pour le Français, en bas.

Merci Roland pour la qualité de ta production et le choix de tes matériaux.


2) Fontenille Pataud

Il s'agit d'une vielle maison thiernoise (1925) dirigée par Gilles Steinberg, qui signe ses couteaux sous le nom de Gilles.
Sur la base du modèle du Thiers, Gilles a imagé une variante trés particuliére, sous forme de semi-squelette.


Vu de ce coté on reconnait la forme du Thiers, avec un manche en croute de défense de mammouth et une lame en damas. Ca sort déjà de l'ordinaire!


Quand on regarde l'autre face, on comprend le concept de squelette: il manque l'essentiel du coté gauche du couteau: pas de platine, plaquette réduite à sa plus simple expression.
On en profite pour constater que la platine est aussi en damas et on voit bien le ressort du liner taillé dans le damas.


 Enfin le même fermé, surprenant non!

Bravo Gilles pour ton inventivité et le choix des matériaux de cette piéce qui était encore unique lors du salon!


That's all, Folks !

Prochain salon prévu:Sicac 19/09/08 à Paris


 

 

 

Par Patrick
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Vendredi 3 octobre 2008
Le SICAC, Salon International de la Coutellerie Custom, se tient tous les ans vers la fin septembre à Paris.
Il accueille comme le dit son nom, des couteliers du monde entier, dont certains sont fidèle à l'événement depuis de nombreuses années.
Cette année encore il se tenait au Palais de la Mutualité.

EN MARGE DU SICAC

Cette manifestation importante est bien entendu l'occasion de rencontres informelles entre membres de forums et coutelliers.
C'est ainsi que lors d'un repas entre forumeurs, la veille du salon, j'ai eu l'occasion de faire connaissance d'un jeune coutelier que je suivais sur le forum, mais que je n'avais pas encore rencontré.

Stéphane Espi, connu sous le pseudo de Nonoche, n'exposait pas au SICAC, mais il avait une pleine valise de couteaux qu'il a fait circuler sur la table du restaurant. Il est évident que dans le tas j'en ai trouvé un à ma convenance:


Il s'agit d'un liner-lock à lame damas forgée par Daniel Vally, platines titane et plaquettes en loupe d'orme.



Nonoche est particuliérement connu pour ses guillochages. Bien que le couteau ci dessus soit assez sobre, il faut noter la présence de guillochages sur la lame, sur les platines et sur l'intercalaire entre celles ci!

Toujours en marge du SICAC, j'ai reçu une livraison: il s'agissait d'un couteau d'Alain Valette que j'avais déjà rencontré à Thiers:

Alain Valette, Mékilékon:


Ce couteau ressemble au modèle nommé Eclat



Mais il s'ouvre à l'envers, d'où le nom!


Voilà le couteau dans son vrai sens!


En bas un Eclat classique, en haut le "faux Eclat".
Il y a symétrie mais bien entendu le type de lame a été modifié, le tranchant du Mékilékon étant droit, alors qu'il est courbe sur l'Eclat (respectivement type wharnclif et nordique)
Le modèle présenté est le prototype de ce qui sera peut être une nouvelle série.


LE SICAC

1) Couteaux industriels

1-1) Citadel, Buddy small red


En tant que membre du CICCC, je reçois à l'entrée su salon ce petit couteau.
Citadel fait fabriquer au Cambodge des couteaux selon des techniques artisanales.
Le modèle ci dessus est de type deux clous, sans système de blocage de la lame.
La lame brute de forge est forgée en acier XC75 et bénéficie d'une trempe sélective, seul le bord de coupe étant trempé. Les platines et mitres sont en acier inox, les plaquettes sont en padouk d'Asie, bois rouge présentant un superbe veinage.
Ca tombe bien, je n'avais pas de padouk d'Asie dans ma collection de bois!

1-2) Volcan, Coronado


La marque Volcan est pilotée par Matt Diskin qui a cessé sa colaboration avec Rainy Vallotton.
Il s'agit d'un liner-lock doté d'un système d'ouverture assistée qui en fait en réalité un automatique.
Le ressort est masqué dans l'épaisseur des plaquettes.
Lame en acier inox AUS 8, platines en acier, plaquettes en Zytel.
Il s'agit d'un couteau de construction économique, fabriqué à Taîwan, mais qui reste très intéressant.

2) Couteaux d'artisans

2-1) Eric Parmentier, L'Explorateur


C'est toujours le même plaisir de rencontrer Eric et sa charmante épouse Véronique.

J'ai bien entendu trouvé sur sa table un couteau qui présente des caractéristiques techniques intéressantes et un habillage en bois de séquoia (Redwood) qui manquait à ma collection.

Tout d'abord, la lame est en Niolox. Il s'agit d'un acier comportant du niobium qui contribue à une excellente tenue du fil.


Le système de blocage de la lame se fait par un curseur en extrémité d'une tige qui se déplace dans un cylindre contenant un ressort. Ce système inventé par Eric porte le nom de "fermeture à piston amorti"

Il s'agit bien sur, comme toute la production d'Eric, d'un couteau parfaitement ajusté et fini.

2-2) Patt Art Celtic, le Gildas


L'aspect rustique de ce couteau provient des matériaux utilisés pour sa lame.
Il s'agit d'une lame sandwich comportant un coeur en acier 135Cr3 et des flancs en vieux fer provenant d'un stock de bandages pour roues de chariot, l'atelier de Patt étant installé dans un ancien atelier de charron qui avait abandonné son stock de bandages! C'est ce vieux fer qui présente l'aspect feuilleté visible sur la lame.
Pour contrarier l'aspect rustique, le manche est en ébène, avec des rivets en laiton!

2-3) Paulo Simoes, Le Trapuche


Il s'agit d'un petit couteau de type deux doigts, lame acier 5160, plaquettes en bois de cerf.
C'est par dérision pour ses origines portuguaises que Paulo termine le nom de ses couteaux par la chuintante caractéristique de sa langue natale. En français son couteau se serait appelé Le Trapus!


Le même dans son joli costume de cuir à tannage végétal, décoré par repoussage.
Cet étui peut se porter au cou ou à la ceinture.

2-4) R.B. Johnson


C'était mon premier contact avec ce coutelier américain qui travaille dans le Minnnesota.
Que de l'extraordinaire dans ce couteau:
pour la partie cachée, platines en titane anodisé bleu
lame en damas de Mike Norris, motif Hornet's nest (nid de frelons!)
mitre en damas mosaïque d'aciers teintés dans la masse de Chris Marks
plaquettes en carapace de tatou
et enfin le bouton d'ouverture sur la lame comporte un insert en rubis!

Bien entendu l'intercalaire comporte un superbe guillochage.



Que des bons souvenirs, de belles rencontres avec forumeurs et couteliers et bien entendu, sur les tables, des merveilles que je n'ai pu toutes acheter!
Faut bien en laisser aux copains!



Par Lancelot
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Vendredi 5 juin 2009

Comme tous les ans, c'est dans la capitale de la coutellerie que l'on rencontre les meilleurs artisans et des hordes d'amateurs assoifés de ferailles diverses!

C'est tout d'abord l'occasion de récupérer auprés d'autres forumeurs des couteaux qui font l'objet d'échanges ou de reventes.
C'est ainsi que j'ai pu acquérir un couteau issu de la colaboration entre un forgeron bien connu J.P. Veysseyre et un industriel P. Cognet:

Tout le monde aura bien entendu reconnu le fameux Douk Douk, fabriqué par la maison Cognet depuis 1927.
Petit détail quand même, qui distingue le couteau ci dessus du célèbre couteau de brousse: celui ci est entiérement en damas!
Le damas acier-nickel a été forgé par J.P. Veysseyre qui a également entiérement réalisé et signé la lame, la mise en forme de la tole constituant le manche et la béliére et l'assemblage final étant réalisés par Pierre Cognet.
C'est Jean Pierre Veysseyre, présent sur le salon comme tous les ans, qui m'a donné ces explications.

A titre de comparaison, voilà le douk douk des villes en compagnie de son aieul, le douk douk de brousse.
La géométrie des deux couteaux est rigoureusement la même. Le douk douk damas ne porte bien entendu pas le marquage classique de l'original qui aurait été difficile à réaliser et disgracieux sur le damas.

Venons en à mes acquisitions directes sur le salon:

1) Les artisans

1-1) Alexandre Federbe
Cet artisan est spécialisé dans les couteaux japonisants. Je ne lui avais jamais rien acheté, le tort est désormais réparé avec ce superbe higonokami:

Le manche de couteau est comme celui du douk douk formé d'une tole repliée, mais c'est vraiment le seul point de convergence. En effet ce couteau est de type piémontais (lame sans blocage avec une lentille sur le talon de la lame) alors que le douk douk est un système à cran plat, un ressort étant monté dans le pli de la tole formant le manche.
Ici le manche est en cuivre habillé d'un beau galuchat blanc qui assure une prise sans risque de glissement!
La lame forgée en acier français est revétue de cuivre lié à l'acier par une fusion du cuivre.

Cette photo montre bien l'état de surface du galuchat, une vraie rape! Admirer aussi le travail décoratif sur la rondelle.
On voit aussi la lentille qui permet l'ouverture du couteau et le maintien de celui ci ouvert par appui du pouce sur le dessus du manche.

1-2) Atelier du Lotus
Franck Thomas et son fils étaient venus de leur montagne corse avec une superbe collection de couteaux ..... corses, bien entendu.
Il s'agit cependant de productions luxueuses qui n'ont plus qu'un rapport lointain avec le modeste corniciulu du berger corse!
 Le manche est bien entendu une corne de bélier dont la texture superbe a été préservée lors du façonage du manche, mais la lame est en damas. Le dessus de la lame est partiellement guilloché et un petit diamant y a même été rapporté, ce qui rompt définitivement le coté rustique!

1-3) Mickael Moing, Souris informatique
Ce jeune artisan s'est fait une spécialisé de donner un aspect animalier à ses couteaux. Aprés lui avoir acheté un éléphant rose, j'ai trouvé cette année sur sa table une souris verte!

Cette "souris informatique" posséde des flancs en circuit imprimé. Mickael m'a cependant avoué que ce circuit ne provenait pas d'une véritable souris. La Société de Protection des Animaux peut donc être rassurée: Aucun animal n'a été maltraité pour la réalisation de ce couteau!
J'aime beaucoup la petite queue forgée dans le prolongement de l'intercalaire en acier. Noter aussi les petites oreilles en cuivre. L'oeil et la bouche sont également marqués sur la lame.

1-4) David Lespect
Un autre jeune artisan qui travaille dans un style plus traditionel! Sa production évolue cependant vers des couteaux plus techniques. Aprés lui avoir acheté l'année derniére un piémontais à platines titane et plaquettes en ivoire de mamouth, je lui ai acheté cette année un grand couteau frame lock, à platines en titane sablé, avec plaquettes partielles en bois de cerf.

Les plaquettes en bois de cerf assurent une excellente prise en main de ce couteau, dont le modèle sans plaquettes ne me convenait pas (manche trop mince pour moi)
On perçoit d'aprés le reflet sur le fil de la lame que David maitrise parfaitement l'affutage ogival de ses lames!

Le même fermé.

1-5) Patt, Le Rigolo
Cet artisan m'a fourni un joli petit couteau de type greffoir qui a baptisé Le Rigolo.
C'est vrai qu'avec sa forme de lame très particuliére, ce couteau a une drôle de touche!
Comme sur le couteau précédent que j'avais acheté à cet artisan, la lame est un sandwich avec coeur en acier moderne et flancs en vieux fers pour le coté rustique.

Même fermé, sa forme interpelle!

1-6) Eric Parmentier, Le Diabolo
Comme tous les ans Eric était présent avec sa charmante épouse Véronique, venus de leur lointaine Belgique.
Jusqu'alors j'avais acheté à Eric des couteaux habillés de bois variés toujours sélectionnés pour leur aspect spectaculaire.
Cette année je me suis laissé tenter par un modèle résolument moderne, avec platines en titane sablé.
Comme toujours la lame est en Niolox. Le système de blocage est le piston amorti inventé par Eric. Un ressort dans un tube pousse le curseur qui vient bloquer la lame.

Pour fermer le couteau, il faut libérer la lame en tirant le curseur vers l'arriére.

1-7) Alain Valette, Eclat et A.Tension
Encore un grand malade qui est incapable de faire deux fois le même couteau!
Cette année Alain était venu en force, avec Madame et ses deux filles!
La grande spécialité d'Alain est l'Eclat. Sur une base d'un couteau à friction de forme générale parfaitement définie, les variations dans la décoration sont infinies.
Cette année j'ai craqué pour l'Eclat 14-2006:
Sur des platines en titane anodisé et finement gravé, a été rapportée une bagette en acier "ficelée" par une tresse en argent.
La finesse des détails est hallucinante! Il faut vraiment regarder à la loupe!

Des gravures super fines simulent un craquelement de l'acier sous la pression de la corde d'argent!

Je me suis aussi fait piéger par un prototype d'un couteau appelé A.Tension

Il s'agit d'un couteau à cran forcé dont la singularité est que le ressort est extérieur aux platines et non comme d'habitude, dans le dos du manche.
On voit sur cette photo un des deux ressorts à boudin dont la tension se repporte au dos de la lame par un cable d'acier et une poulie.
On voit ici l'intercalaire soulevé par le talon de la lame et tiré vers le bas par le câble.
La tension du cable peut par ailleurs être renforcée par un passage du cable sur la poulie intermédiaire à droite de la photo.
Vous pouvez ici admirer le travail de ciselure sur les visseries et le bouchonnage sur les platines en titane.
Alain Valette est vraiment un fou du détail!


2) Les petits industriels

2-1) Atelier Perceval, L10 et "Le Grand"
L'atelier Perceval n'était pas présent à Coutellia mais avait organisé une journée portes ouvertes dans ses nouveaux locaux.
C'était l'occasion de tester les couteaux de cet atelier sur un superbe jambon et un excellent fromage mis à disposition des visiteurs à cet effet!
Outre ce casse croute sérieux, il y avait bien entendu des couteaux!
L'année derniére j'avais acquis un des couteaux de la présérie de 12 du nouveau modèle, le L10.
Cette année j'avais commandé un couteau de la production en cours, habillé de plaquettes en gaïac.
 
Le couteau de l'année derniére (en bas, habillé d'ébène du Mozambique) était le modèle liner lock, le couteau acheté cette année comporte en outre une lentille qui lui donne un petit air de piémontais, alors qu'il s'agit bien d'un liner lock. Cette lentille permet une ouverture du couteau d'une main.

Cette année aussi il y avait du prototype dans l'air:
Il s'agit d'un couteau, de type liner lock, mais dont la longueur ouverte est de 24 cm:  d'où son petit nom "Le Grand" qu'il n'a vraiment pas volé!
Ce couteau est inspiré d'un modèle du 18éme siécle et il utilise des matériaux de luxe et des finitions rafinées.
Le couteau que j'ai acheté est le n°2 d'une premiére série de quatre.

Les plaquettes sont en bois de cerf sambar, réputé pour la qualité de son grain. 

Le ressort est entiérement guilloché par Roland Lannier et les platines sont partiellement guillochées.
Noter l'intercalaire rouge entre les platines et les plaquettes.
Je souhaite une longue vie à cette nouvelle série qui confirme le savoir faire de l'Atelier Perceval.


Vous avez donc pu visualiser ici le résultat d'une journée de délire sur cet excellent salon qu'est Coutellia à Thiers.
Outre des couteliers tous aussi sympathiques et compétents les uns que les autres, les contacts avec les autres collectionneurs sont toujours aussi passionnants!



Par Lancelot
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