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La collection d'un passioné de couteaux

Vendredi 30 mai 2008


Comme je vous l'avais promis, je vous présente ici mes derniers trésors acquis lors du salon COUTELLIA qui s'est tenu à Thiers.
Cet excellent salon est l'occasion de revoir des couteliers connus mais aussi de faire de nouvelles connaissances.
C'est aussi l'occasion de retrouver des forumeurs avec lesquels j'entretiens le reste du temps des joutes verbales virtuelles.

Je commencerai par les artisans:

1) Alain et Joris Chomiler
Il s'agit d'un duo père et fils qui présentent toujours des piéces remarquables. J'avais déjà acquis chez eux un superbe couteau dont la lame et le manche avaient été sculptés dans un même barreau d'acier damas.
Lors de ce salon, je me suis laissé tenter par une autre piéce exceptionnelle:


Il s'agit d'un couteau pliant, à système liner lock, platines en titane, lame damas et plaquettes en ivoire de mammouth comportant un insert de damas sur chaque face. L'entretoise qui porte la signature des couteliers est du même damas que la lame. Le montage de la lame est fait sur rondelles en bronze au beryllium.


Vous pouvez admirer ici le superbe motif du damas élaboré par le forgeron danois Poul Strande. Il faut préciser que la lame est en fait un sandwich avec un coeur en acier massif XC90 et que les deux flancs sont en acier damas acier - nickel pur assurant un très fort contraste. C'est la géométrie légérement ondulée de l'interface entre acier du coeur et damas des flancs qui conduit au motif visible ci dessus lors de l'émouture de la lame.


2) Bruno Duffort
C'était ma premiére rencontre avec ce coutelier qui ne se déplace pas en région parisienne!
C'est un spécialiste de l'ouest américain et toutes ses créations s'en ressentent! Il est difficile de trouver un couteau qui ne porte pas un insert en argent ou en turquoise!

 Mon premier achat chez ce coutelier est un couteau pliant de style piémontais dont les plaquettes sont en bois de cerf, la plaquette droite portant en insert une importante turquoise tirée de la mine de Red Mountain, dans le Nevada.
La lame en acier C70 (non inoxydable) est forgée et soumise à trempe sélective. Elle a par ailleurs été attaquée à l'acide pour révéler une texture légérement granuleuse du plus bel effet . Le motif en pointe de flèche sur la lame est la signature de Bruno Duffort.

Sur le couteau fermé on voit bien la lentille (queue de la lame) caractéristique des piémontais.


3) David Lespect
J'avais repéré sur la table de ce jeune professionnel un joli pliant piémontais avec des plaquettes en ivoire de mammouth. Ce couteau étant déjà vendu, David a bien voulu accepter ma commande pour un couteau dans le même esprit. Je viens donc de recevoir le couteaux ci dessous qui répond à toutes mes attentes:


Il s'agit d'un piémontais dont les platines sont en titane et les plaquettes en ivoire de mammouth.


On voit ici la lentille (appendice dans le prolongement du dos de la lame) qui permet la manipulation de la lame et son maintien en position ouverte. Admirez aussi la texture de la croute de défense de mammouth.


4) Mickael Moing
Il s'agit d'un jeune coutelier que je n'avais pas encore rencontré et dont je ne possédais aucun couteau. Il fallait bien réparer cette ommission!

Ce couteau, nommé le Zig, à l'aspect assez barbare, est en fait très original dans sa conception. Le manche est une tole pliée, dont la partie supérieure, prés du pli, est recoupée pour constituer le ressort du mécanisme à cran forcé.
Sur le manche sont fixées des plaquettes en fer martelé, elle même décorées, ainsi que la lame, de clous en cuivre, laiton et maillechort. La décoration de la lame et de l'entretoise est complétée par des torsades forgées, nommée ziguouiguoui par le coutelier, d'où le nom du couteau!.
Trés beau couteau pour qui aime le style Mad Max!


5) Philippe Mousseau
J'ai retrouvé avec plaisir ce spécialiste des couteaux droits forgés.


Je lui ai acheté un adorable petit couteau droit, de type deux doigts, dont la lame est faite dans un damas carbone random élaboré par Gary Headrick et dont la poignée est constituée de deux rondelles taillées dans la base d'un bois de chevreuil. Ce type de couteau se tient en plaçant l'index dans l'encoche au dessus de la piéce de un eurocent et le pouce sur la partie guillochée visible au dessus des découpes.


Ce petit couteau était accompagné d'un étui en peau de patte d'autruche. Il peut se porter au cou, mais j'ai préféré opter pour le port à la ceinture, les lacets passsant sous la ceinture et étant retenus par la superbe boule de cade qui est par ailleurs trés fortement odorante. Quand on porte ce couteau, on se croit dans le maquis!


6) Eric Parmentier

J'ai également retrouvé avec plaisir ce très aimable coutelier belge, toujours accompagné de sa non moins charmante épouse!



Le modèle que j'ai choisi sur sa table se nomme Urbanica Grande. Il s'agit d'un système piémontais. Comme toutes les productions d'Eric il est magnifiquement ajusté. J'ai choisi ce modèle particulier pour les plaquettes en superbe loupe d'eucalyptus.
Eric est vraiment très fort pour trouver des bois extraordinaires. (voir plus bas un autre de ses couteaux portant des plaquettes en loupe d'amboine, magnifique!)


7) Alain Valette

Enfin une rencontre avec ce grand artiste! Outre ses couteaux, sa table était aussi illuminée par le sourire de sa charmante fille! Eh oui, il n'y a pas que des couteaux dans un salon de coutellerie!



Alain Valette a créé le couteau baptisé Eclat. Sur une base commune (forme générale, mécanisme par friction) tous les Eclats sont différents dans leur décoration qui est trés variée.



Sur mon exemplaire (numéroté 9-2008) on notera une platine en titane partiellement anodisée, décorée par des éléments de damas retenant eux même des barres de maillechort. Une bille est fixée entre deux morceaux de damas. Noter aussi les billes serties dans l'intercalaire en inox visible en haut à gauche.
Vous comprenez maintenant pourquoi j'ai parlé d'artiste et non de coutelier! (ce qu'il est quand même!)


8) Jean Pierre Veysseyre
On retrouve toujours avec plaisir une vieille connaissance dont le style a fortement évolué au fil des ans.

Je me suis laissé séduire par un pliant à cran forcé qui cumule un superbe damas pour la lame, une mitre en damas mosaïque et des plaquettes en loupe de bois de fer de l'Arizona présentant une texture extraordinaire.
La lame damas comporte par ailleurs un tranchant rapporté d'un damas d'un autre motif, beaucoup plus fin.

Je poursuivrai avec des productions de petits industriels thiernois:

Ce terme de petit industriels vient simplement en opposition avec les entreprises qui produisent de très grandes séries de couteaux standardisés. Les entreprises citées ci dessous sont à taille humaine et sont particuliérement sensibilisées à la qualité. Elles peuvent produire des piéces uniques en utlisant des matériaux de qualité exceptionelle.


1) Atelier Perceval
Il s'agit d'un atelier de taille modeste puisque quatre personnes seulement y travaillent.
La gamme des modèles n'est pas très importante, mais le nombre des variantes autorisées par le choix des matériaux est immense.
Parmi les couteaux pliants, le modèle phare était Le Français.
Mais Roland Lannier a dévoilé à l'occasion du salon un nouveau modèle, le L10 dont j'ai pu acquérir un des douze premiers exemplaires.



Il s'agit d'un pliant à système liner lock, mais il existe aussi une variante en système piémontais.


Sur ce modèle les plaquettes sont en ébène du Mozambique.


Cette photo permet la comparaison entre le L10, en haut, et Le Français, en bas.
Les formes très sobres du Français ont été légérement adoucies sur le L10, la forme de la lame ayant été fortement modifiée (plus large, moins pointue)



Cette derniére photo permet de comparer les deux couteaux fermés et d'aprécier le veinage des bois, ébène du Mozambique pour le L10, en haut et ébène de Macassar pour le Français, en bas.

Merci Roland pour la qualité de ta production et le choix de tes matériaux.


2) Fontenille Pataud

Il s'agit d'une vielle maison thiernoise (1925) dirigée par Gilles Steinberg, qui signe ses couteaux sous le nom de Gilles.
Sur la base du modèle du Thiers, Gilles a imagé une variante trés particuliére, sous forme de semi-squelette.


Vu de ce coté on reconnait la forme du Thiers, avec un manche en croute de défense de mammouth et une lame en damas. Ca sort déjà de l'ordinaire!


Quand on regarde l'autre face, on comprend le concept de squelette: il manque l'essentiel du coté gauche du couteau: pas de platine, plaquette réduite à sa plus simple expression.
On en profite pour constater que la platine est aussi en damas et on voit bien le ressort du liner taillé dans le damas.


 Enfin le même fermé, surprenant non!

Bravo Gilles pour ton inventivité et le choix des matériaux de cette piéce qui était encore unique lors du salon!


That's all, Folks !

Prochain salon prévu:Sicac 19/09/08 à Paris


 

 

 

Par Patrick - Publié dans : Manifestations
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